Chapi Montagne

13 août 2017

La promenade

20170812_124313

Le Râteau, Sommet W : Pilier Candau, D+/5c/400m

Réalisé avec Farouk et Youri le 13 août 2017

PHOTOs

Après l’étude de moult options plus ou moins engagées ou à l’issue aléatoire, la sagesse nous conduit à aller dans les Ecrins où la météo semble plus sûre et les conditions rassurantes. Youri et Farouk proposent de finir un sommet auquel ils ont dû renoncer quelques années auparavant à cause du mauvais temps : Le râteau. Mais cette fois, nous passerons par le pilier Candau qui offre une escalade un peu plus soutenue que la voie normale.

Après un trois heures de voiture ponctué de nombreux arrêts techniques (Youri et moi avons visiblement bu trop de thé le matin), nous arrivons de la Grave vers 11h30. La Meije qui domine le petit village est toujours aussi belle et attirante, mais cette fois nous nous contentons seulement de grimper un de ses satellites. Nous montons par le vétuste téléphérique de la Grave jusqu’au glacier de la Girose. Après une petite marche sur le glacier, où nous croissons un guide visiblement très enthousiaste de tirer une cohorte de touristes accrochée à sa corde, nous franchissons le col de la Lauze pour descendre vers le refuge de la Selle. La pente de descente est étrange. C’est un mélange de boue noire avec de la neige et des cailloux. Nous faisons bien attention de ne pas tomber sur les fesses, car sinon le pantalon sera foutu.

20170812_203454

Au refuge, nous sommes accueillis comme dans un gîte. La gardienne nous montre chambres, les sanitaires, la douche, les points d’eau. C’est assez rare en refuge où la plupart du temps le gardien nous donne juste un nom de dortoir et nous laisse jouer à Fort Boyard pour nous orienter. Mis en bonnes conditions par cet accueil chaleureux, nous craquons pour une part de tarte aux myrtilles et un thé bio (sans doute, toute cette mise en scène était calculée pour nous inciter à consommer, quel marketing…  ;-)Pour le repas du soir, nous dînons avec une famille d’Anglais venue randonner dans la vallée. Ayant vécu quelques années dans le pays de Gex, nous réalisons que nous avons des connaissances en commun (professionnelles pour ma part). C’est aussi l’occasion d’échanger sur le Brexit et ses conséquences dramatiques pour le royaume uni et l’Europe. Au refuge, je retrouve aussi Alex Bompard, un guide que j’ai eu l’occasion de connaître au CRET. Il fait la même voie que nous avec un client. Sympa de se retrouver ici !

4h58, « Réveil ! » Annonce le gardien sur un ton militaire. Cela me rappelle quelques souvenirs… Après un petit dej « standard », nous partons un peu après le guide et son client que nous rattrapons une heure plus tard au pied de la voie. Nous avons choisi de passer par la variante de gauche, car l’attaque originale n’est plus vraiment en bonnes conditions. Par politesse, je propose à Alex de passer devant. Nous sommes trois, nous risquons d’être plus lents que lui. Mais rapidement, je vois que son client n’est pas très à l’aise. Du coup, je double à la deuxième longueur en m’excusant auprès d’Alex qui comprend très bien.

20170813_111217

Le rocher est bon. Nous grimpons sans stress, d’autant plus que nous sommes largement au-dessus du niveau requis. La voie parcourt le fil du pilier. La sensation de vide n’est pas très marquée. Le pilier n’est pas très raide. Nous avançons corde tendue. Seuls quelques passages sur le dernier tiers de la voie demandent un peu plus d’attention : un premier ressaut en 5 bien protégé par deux pitons, le contournement d’un surplomb par un court passage en 5c bien protégé, et une section plus verticale en 5b qui déroule bien. Bref nous arrivons au sommet du pilier avec une sensation mitigée : la voie est jolie, mais surcotée à notre avis, surtout si compare avec la voie Grépon Mer de Glace qui est également cotée D !

Après un petit rappel de 15m, nous rejoignons la voie normale du Râteau, bondée d’alpinistes amateurs. Cette une voie très classique dans la région, peu difficile et très esthétique. A 12h, nous sommes au sommet du Râteau Ouest pour la pause casse-croûte. Puis, nous entamons la descente vers le téléphérique de la Grave à pas soutenu, doublant toutes les cordées sur l’itinéraire. Nous terminons à 14h, soit une heure en avance sur l’horaire prévu. Y a du laisser-aller… S’il ne se passe rien lors de nos sorties en montagne, qu’allons-nous bien pouvoir raconter…   

 

Posté par fchapi à 09:17 - Alpinisme - Commentaires [0]
Tags : , ,

29 juillet 2017

C’est du 6c ou du 5c?

20170729_060008

Le Pouce : Voie des Dalles, TD-/5c/400m

Réalisé avec Philippe le 29 juillet 2017

PHOTOs

Comme la veille, je me réveille avant la sonnerie du réveil, il est 5h20. Malgré plusieurs moments d’éveil, j’ai plutôt bien dormi. Je me sors du duvet et Philippe en fait de même. Le jour se lève à peine, quand nous buvons notre thé agrémenté de quelques gâteaux.

6h10, nous commençons à marcher en direction l’aiguille de la Glière. Rapidement Philippe me distance, rien d’étonnant. En une heure, nous sommes au col et basculons versant ouest vers l’aiguille du Pouce. J’en profite pour laisse mon sac, car nous repassons au col au retour. La descente est presque totalement sèche.

En moins d’une heure trente nous sommes au pied de la face sud. Une cordée est déjà engagée dans la voie des dalles par la variante des guides. Nous, nous souhaitons passer par l’itinéraire original qui débute par une longueur en 5c. Nous tentons de deviner où est la ligne de départ. Philippe se lance dans une très vague fissure qui s’oriente vers une dalle. Au bout de 5 m, sans aucune protection, Philippe se retrouve à faire une pas de grimpe qui ressemble plus à un 6b qu’à un 5c. Je lui dis d’arrêter tout de suite. Ce n’est sûrement pas le bon endroit et la pose de protection au-dessus semble très aléatoire. Il redescend et nous cherchons de nouveau où commencer. Je ne comprends pas. Il y a 20 ans quand j’avais tenté cette voie, j’étais passé par ici sans trop de difficultés. Mais la paroi est vraiment raide et presque improtégeable. Au bout de 10 minutes, je propose de passer par la variante des guides. Je n’ai pas envie de me tuer ici (après réflexion, je pense que le névé a tellement fondu que le « vrai » départ était beaucoup plus haut, mais inatteignable).

20170729_083927

Nous rattrapons rapidement la cordée déjà engagée. Le leader est arrêté juste avant la traversée en 5c et semble perdu. C’est exactement l’endroit où j’avais renoncé, il y a vingt ans. Au lieu de traverser, j’étais parti dans une ligne de spits super dure droit au-dessus ce qui avait fini d’achever ma motivation après une série de galères à gérer avec les copains de l’époque. Philippe le rattrape le double et fait la traversée (un peu engagée). L’autre cordée enchaîne. J’espérais pouvoir les doubler, mais ils ne semblent pas se laisser faire.

Je reprends la tête après avoir attendu que le leader de l’autre cordée soit assez loin. Le 5c est bien coriace, je préfère les 6c du Piola moderne ! La ligne passe dans une fine fissure dans une dalle très compacte et franchit un petit surplomb. Je me concentre pour ne pas tomber… Par chance, un deuxième relais d’une voie moderne est juste à côté de celui de la voie des dalles. Je m'y installe et appelle Philippe. Mais il n’a pas pu partir avant le deuxième de l’autre cordée. On doit encore attendre…      

20170729_104215

Finalement, on se résout à rester derrière eux pour le moment, c’est trop compliqué de doubler sur ce terrain. Philippe enchaîne dans une autre longueur en 5c toujours aussi coriace. Même en second, je ne suis pas tranquille.

Je reprends la tête pour une longue traversée facile sur la droite, mais où la pose de protection est très aléatoire. Heureusement, un spit salvateur au bout de la fissure permet de se rassurer avant de grimper droit au-dessus. Nous sommes encore sur les talons de l’autre cordée.

Philippe poursuit par une autre traversée sur la gauche, encore facile, mais toujours compliquée à protéger puis par dans une grande dalle vers le haut. La grimpe est beaucoup plus cool. On respire et on commence à papoter tranquillement avec le second de la cordée devant nous… En bas, d’autres cordées arrivent au pied de la face.

20170729_121603

Je reprends la suite. Je passe un petit surplomb en posant un genou, ce qui me vaut quelques moqueries de mon compagnon de cordée (salle jeune !).  Puis j’enchaîne une deuxième longueur directement. Quand Philippe me rejoint, il met un coup de boost, passe à côté de l’itinéraire dans du terrain facile et nous enchaînons corde tendue jusqu’au sommet où nous arrivons vers midi. Nous avons largement distancé l’autre cordée qui débouche à peine au sommet quand nous avons fini de nous changer pour entamer la voie de retour. Philippe me fait remarquer au loin les énormes nuages qui déversent une douche continue sur les sommets. Il ne fait pas bon de rester traîner ici.

Décordés, nous fonçons sur l’arête Est du Pouce en direction du col de la Floria. Quelques pas de descalade demandent un peu de réflexion, mais globalement c’est facile. 1h30 plus tard nous sommes en train de plier la tente pendant que les premières gouttes de pluie font leur apparition. J’espère que les cordées dans la face sud du pouce ne sont pas sous l’orage, car sinon, c’est la grosse galère…

Voilà, une petite frustration personnelle vient d’être effacée. 20 ans après, j’ai pu finir cette magnifique voie sauvage et coriace (elle aussi dans les 100 plus belles de Rébuffat). Les anciens avaient beaucoup de courage de s’engager dans des faces aussi austères avec leur matériel de l’époque. Cette voie a été ouverte en 1967, les friends n’existaient pas à l’époque… 

Posté par fchapi à 19:33 - Alpinisme - Commentaires [0]
Tags : ,

28 juillet 2017

Escalade nocturne.

20170728_064329Mont Oreb: La chasse aux trésors, ED-/6c/400m

Réalisé avec Philippe le 28 juillet 2017

PHOTOs

Les vacances au Québec sont terminées, et bien que le voyage fût bien agréable, je n’ai pas eu l’occasion de sortir les chaussons d’escalade qui ont traîné pendant trois semaines au fond de la valise. Alors dès le retour à Annecy, je fonce à Chamonix avec Philippe pour grimper. La météo incertaine nous fait opter pour des courses raisonnables. La première est la voie « la chasse aux trésors » au mont Oreb. C’est la dernière voie en terrain d’aventure que je n’ai pas encore faite sur ce sommet. La cotation sur le papier est soutenue : ED- avec une longueur en 6c. Mais connaissant le secteur et au vu des retours sur camptocamp, cet itinéraire semble à notre portée. Le mont Oreb n’est pas très raide, c’est une escalade principalement sur les pieds, une bonne option pour une petite reprise.

Le vendredi matin, à cause du décalage horaire, je me réveille à 4h30, bien avant l’heure prévue. Tant pis, j’appelle Philippe pour lui proposer de partir plus tôt. Cela nous donnera plus de temps pour gérer une transition pour le deuxième jour de grimpe. Il me répond OK avec la voix un peu embrouée.

Il est 6h43 quand nous commençons à remonter le vallon de Bérard. Enfin pour moi, il est 0:43 (heure de Québec!), mais je n’ai pas le temps de m’assoupir, je suis avec Philippe qui comme d’habitude marche d’un pas soutenu. Au premier pont, nous rattrapons un couple de grimpeurs italiens qui cherchent le chemin du Mont Oreb. Un coup d’œil sur la carte pour me rassurer, et je leur indique de prendre le pont suivant.

20170728_083755

Nous arrivons au départ de la voie en une petite heure. Philippe se prépare et part en tête. Il enchaîne deux longueurs en une (5b et 5c). Puis je pars à mon tour. Au bout de 5 mètres, je réalise que j’ai oublié le sac à dos…je redescends pendant que Philippe se moque de moi en chantant une chanson paillarde revisitée « Il est des noootres, il a oublié son sac comme les auuutres ». Philippe poursuit. Il faut dire qu’il n'a quasiment pas mis un seul coinceur sur les deux longueurs. Il a encore tout le matos sur son baudrier. C’est une petite longueur en 6a qui ne lui pose aucun souci.  

C’est maintenant à mon tour de grimper en tête, une longueur en 6b qui commence par une belle section en dalle bien protégée. Je me motive et prends le temps de faire les mouvements correctement. Puis je contourne un bombé qui se poursuit par une fissure. J’ai tout enchaîné. Je suis content, mais en même temps, je repense aux commentaires sur c2c qui indiquent que la voie est globalement surcotée. Pendant ce temps, Philippe discute avec une cordée derrière nous, dont l’un des grimpeurs n’est autre que son partenaire de l’intégrale de Peuterey. Philippe enchaîne sur la longueur suivante, un 6a+ avec un pas en dalle délicat, mais globalement assez tranquille. Encore 10m en 4 et nous sommes à la vire intermédiaire.

20170728_092550

Les choses compliquées commencent. La longueur suivante est le 6c de la voie. J’y vais. Le début est facile, c’est une section peu inclinée avec de nombreuses bosses, mais qui laisse peu de place pour poser des protections. Puis j’atteins un dièdre bien protégé. Je triche un peu pour m’engager dedans. J’ai peur de prendre une dérouillée un peu plus haut. J’avance, mais rien ne se passe et je finis la longueur un peu déçu… Quand Philippe grimpe à son tour je lui dis de se forcer à faire tous les mouvements, histoire de profiter un peu. Lui aussi trouve la longueur surcotée. Je n’ai mis presque aucun friend dans le 6c, alors je poursuis dans la longueur suivante, un 6b+. De nouveau, je grimpe stressé par la cotation, mais ne trouve aucune difficulté, d’autant plus que tous les pas un peu durs sont déjà super protégés... Pour moi, c’est à peine un 6a. Piola a vraiment fumé le jour où il a coté cette voie.       

 

20170728_115143

Mais la suite nous surprend un peu. Philippe s’engage dans un 6a+ dont le départ plus raide que les longueurs précédentes nous fait douter sur l’itinéraire. Bizarre. Puis je poursuis dans une longueur en 6b qui commence dans un dièdre, traverse une dalle et finit sur le fil d’un pilier. J’arrive à enchaîner la longueur, mais avec beaucoup de temps, les pas sont beaucoup plus soutenus et je dois vraiment réfléchir. La cordée derrière nous, nous a rattrapée. Ce qui me donne l’occasion de faire connaissance avec le pote de Philippe. Philippe poursuit dans un 6b+ et lui aussi se fait surprendre par la difficulté. C’est une raide section avec un pas très fin qui me fait transpirer même en second. Tout le monde s’accorde à dire que cette longueur est la plus soutenue de toute la voie. Heureusement, les pas durs sont encore bien protégés.  

En deux temps trois mouvements, nous sommes de retour au pied de la voie (30 minutes de rappels optimisés pour 4h30 de grimpe). Maintenant, il y a plein de grimpeurs sur les voies. Les deux Italiens croisés le matin à 7h sont dans la deuxième longueur de leur voie…

Nous sommes de retour à la voiture un peu avant 15h (où 9h du matin heure de Québec) ce qui nous laisse largement le temps de faire quelques courses avant de monter bivouaquer au sommet du télésiège de l’index pour faire la face sud du Pouce le lendemain.

Course bonus.

20170728_170730

Il est 16h30h, la tente est montée juste à côté de l’arrivée du télésiège. Nous avons largement le temps de faire une petite course. Philippe opte pour la traversée de l’arête sud de l’index, la voie de débutant par excellence. Il ne l’a jamais parcouru. Il faut dire que la première année où il a commencé l’alpinisme, nous étions ensemble à l’arête des grands Montets, une voie que la plupart des alpinistes convoitent pendant des années avant d’oser s’engager dedans… Il a raté toute son initiation montagne… Il faut reprendre les bases.

Allez c’est parti. Sur la vire, nous croisons les chamois. Philippe prend la tête de la course. Il grimpe en basket, moi j’ai préféré mes chaussons. On avance corde tendue. En moins d’une heure, nous sommes au sommet. Philippe apprécie l’itinéraire. Il est vrai que c’est facile, mais vraiment très esthétique. Rébuffat ne s’est pas trompé en l’incluant dans son recueil des 100 plus belles voies du massif du Mont-Blanc. Un petit rappel un peu de marche et nous retrouvons notre tente pour un apéro bière saucisson.

Voilà une bonne journée de reprise après les vacances.

20170728_181256

 

Posté par fchapi à 17:34 - Alpinisme - Commentaires [0]
Tags : ,

03 juillet 2017

Deux de plus

20170703_075843

Arête nord du Weissmies: AD+/4b/500m

Arête sud du Lagginhorn: AD-/3c/500m

Réalisé avec Philippe les 2 et 3 juillet 2017

PHOTOs Weissmies

PHOTOs Lagginhorn

Me considérant plutôt en bonne forme physique, j’avais envisagé de me lancer dans une grande course d’alpinisme, d’autant plus que Philippe était disponible en ce début juillet. Mais encore une fois, la météo est venue contrarier nos plans. Une perturbation a déposé un cumul de neige non négligeable sur les sommets et le risque d’avalanche n’est pas négligeable. Je propose donc d’aller en suisse faire des sommets de 4000 dans un niveau de difficulté raisonnable afin d’avoir assez de marge technique pour surmonter d’éventuelles difficultés imprévues. Le plan est donc simple : arête nord du Weissmies le dimanche, et arête sud du Lagginhorn pour le lundi.

20170702_111403

Après avoir rejoint le refuge d’Hohsaas, nous partons vers le col du Lagginhorn, 400 mètres de dénivelé au-dessus du refuge que nous atteignons en une petite heure de marche. Le massif est globalement pris dans les nuages. Nous apercevons notre objectif du jour seulement par intermittence. Philippe commence à grimper en tête en mode corde tendue, mais au bout de 20 mètres la corde va se coincer entre le rocher une stalactite de glace. Il me faut au moins 5 bonnes minutes pour la décoincer. Du coup, je suggère à Philippe de raccourcir notre encordement « on va faire de la marche en corde courte » comme disent les suisses. Philippe carbure à fond. Il pose peu de protections malgré des passages un peu tendus sur des dalles enneigées. Je me sens même obligé de lui rappeler de mettre un Friend de temps en temps. « C’est facile, mais faut pas tomber » comme dirait Fab. Je reprends la tête quand il est à court de matériel. On avance bien. J’arrive devant une première difficulté, un passage en IV qui d’ordinaire ne m’aurait posé aucun problème, mais là une dalle enneigée de 30 mètres au bord du vide, je me sens moins serein. De toute façon, on est là, il faut avancer. Au moins, il y a un pieu métallique planté dans le rocher quelques mètres au-dessus. Je me lance. Rapidement, je réalise que mes nouvelles chaussures sont un peu grandes. Le contact avec le rocher est moins bon. Au bord de la dalle, j’ai tout le loisir d’imaginer où je pourrai tomber si un pied glissait… J’essaie d’oublier cette éventualité et gratte la neige pour trouver des prises de pied. Quelques trous et bosselettes se dévoilent. Aller, faut mettre les pieds dessus… Je finis par attraper le pieu métallique. Ouf ! Une bonne sangle et le stress diminue. Le reste de la dalle est tout de suite plus cool. Je trouve deux spits et une fissure pour mettre des protections. Exposé au vent, Philippe a visiblement gelé au relai et ce n’est pas la grimpe à main nue dans la neige qui arrange ses affaires. Je lui laisse la suite. Après deux heures de grimpe, nous nous demandons bien où nous en sommes, mais avec le brouillard, il n’est pas facile de se repérer. Je sors le téléphone et avec le GPS nous sommes étonnées de voir que nous n’avons même pas fait la moitié de l’arête. Flute, pourtant nous avançons bien…

20170702_132445

Philippe est toujours en tête quand une nouvelle dalle humide se présente. Une fissure fend cette dalle au milieu, mais nous n’avons qu’un seul friend de la bonne taille… Il grimpe alors progressivement et ajuste la position de son unique friend dès qu’il trouve une position stable. Cela nous rappelle l’arête des Grands Montets, à un détail près : ici il n’y a pas plusieurs centaines de mètres de vide sous les pieds. Puisque Philipe est très économe en pose de protections, c’est encore lui qui est en tête pour passer la dernière difficulté : un raide ressaut d’un mètre de large qu’il faut chevaucher. Heureusement, il y trouve quelques pitons et un spit. La suite est plus tranquille, ce qui nous donne l’occasion d’accélérer. Vers 3800m, l’arête devient neigeuse. Nous remontons nos crampons et je me laisse tracter par Philippe jusqu’au sommet. A de rares instants, les nuages se dégagent et nous pouvons voir quelque chose, sinon c’est le brouillard complet. Nous avons mis 6h30 pour parcourir cette voie, au lieu de 4 à 5 heures comme mentionné sur le topo. La descente ne pose aucun problème. Il suffit de suivre « la tranchée » de la voie normale. Heureusement, car le glacier est très crevassé et exposé aux séracs. Refaire une trace dans le brouillard aurait été pénible.

Le refuge d’Hohsaas est un vrai hôtel. Dans un excès de goût de luxe, je prends une douche avant le repas. Ici pas de diner à la bonne franquette, nous sommes servi à table comme au restaurant. Il y a peu de monde, comparé à la capacité de la salle.

Nous avions prévu un réveil à 6h00, mais les quelques alpinistes qui se sont réveillés à 5h pour faire la voie normale de Weissmies font un gros raffut dans les couloirs. Nous sommes donc nous aussi réveillés… Du coup on se lève plus tôt que prévu.

20170703_075908

Nous partons vers 6h30 en direction du col du Lagginhorn ; le même col que la veille, mais cette fois nous partons direction sud sur l’arête. Je prends la tête pour ce début de course. Nous avançons vite. La grimpe est facile, agréable, et la recherche d’itinéraire réduite à zéro tant le rocher est marqué par les crampons des alpinistes. Philippe prend même le temps de filmer à la Gopro. La vue est magnifique sur le massif, presque pas de nuages, mais le vent a vite fait de nous refroidir quand nous passons dans l’ombre de l’arête en face Ouest. Nous essayons au maximum de grimper côté Est pour profiter du soleil et éviter les reliquats de neige de l’autre côté. Arrivé à l’antécime, je propose à Philippe de passer devant, car vu le niveau de difficulté, je ne risque pas manquer de friends (je n’en mets quasi aucun). La suite nous surprend un peu. Nous étions tous les deux en mode « tiens faudrait emmener des débutants sur cette voie », quand nous devons passer une série de petits gendarmes à escalader puis redescendre. Plusieurs petites manips de cordes s’avèrent nécessaires… Philippe carbure. L’arête est bien plus longue que nous l’avions pensé. Nous arrivons au sommet à 11h tout juste avant quatre autres cordées guidées montées par la voie normale. Nous n’avons mis que 3h30 du col au sommet, cette fois c’est bien moins que le temps annoncé sur le topo. La descente par la voie normale est vraiment très facile, nous nous désencordons pour aller plus vite. Nous rejoignons la gare intermédiaire du télécabine en 2h30. Voilà, deux sommets de 4000m en plus dans la poche. J’ouvre mon compteur. Je suis à 18 pour le moment.  

20170703_053640

   

            

Posté par fchapi à 17:52 - Alpinisme - Commentaires [0]
Tags : , ,

30 juin 2017

Quand on était jeunes et beaux!

mont-blanc scan0009

En fouillant dans mes photos, je suis retombé sur quelques perles qui datent de vingt ans. Alors, je ne resiste pas à l'envie de les partager avec vous. Dans l'ordre, vous avez des photos à l'aiguille du pouce, au col du bonhomme, à Combloux, l'éperon des cosmiques, au Mont-blanc, au petit Charmoz, à salle de grimpe de Mégève, à la falaise de Surgy, et d'autres inconnues.  

PHOTOS

 

Posté par fchapi à 17:04 - Alpinisme - Commentaires [1]
Tags : , , , , , ,

29 juin 2017

Merci Youri pour la motiv!

 

20170629_071354[1] Voici notre troisième reculets en mode été en trois semaines, mais à vrai dire ma motivation hier était proche de zéro. Il ne faisait pas beau et je n'avais pas très envie de courir sous la pluie. Heureusement Youri a de la motivation pour deux et arrive à me faire sortir du lit à 5h. Partant dans l'idée de monter juste pour le fun, je pars calme au début, enfin les 30 premières secondes... Ensuite, c'est la course comme d'habitude. Youri a bien la forme, et motive les troupes tout en courant. Arrivé au plateau en seulement 30 minutes, je me dis alors qu'il y a moyen d'exploser notre temps de montée. On s'accroche pour la deuxième partie. Youri finit un vigntaine de secondes devant, et moi j'arrive en 49'47'' (moyenne de 1025mD+/h), Génial!!! C'est une minute de moins que la semaine dernière. La météo plus fraiche du jour nous a sans doute aider. Mais sans Youri, j'aurai raté cette belle occasion. Autrement, nous ne trainons pas au sommet: vent, pluie, youri est gelé.    

20170629_071344[1]

 

Posté par fchapi à 09:26 - Trail - Commentaires [0]
Tags : ,

24 juin 2017

Plan A, Plan B, Plan C...

20170624_113250

Barberine: Méduse, ED-/7a>6cA0/230m 

Réalisé avec Xavier le 24 juin 2017

PHOTOS

Xavier, encore en phase de préparation pour sa rentrée à l’ENSA, a soif de grimpe. Malgré un planning  chargé pour le WE, j’accepte de me joindre à lui pour pouvoir grimper un peu avec lui avant qu’il ne retrouve des performances techniques hors de ma portée (même avec une deuxième vie). Nous partons pour faire la voie Contamine à l’aiguille du Midi. Mais en arrivant au sommet, nous sommes surpris de découvrir une météo bien plus rude que prévu : gros vent et brouillard, alors que nous nous étions préparés pour une grimpe au soleil. Après quelques minutes de réflexion, nous décidons de redescendre vers la falaise de Barberine où nous serons plus en mode « grimpeurs du sud ». Dans la benne de retour, deux autres aspis ont fait le même choix. Ils partent grimper l’aiguille de l’M comme plan B. Nous notre plan B est la voie « Vipère au pied ». En plus, Xavier ne connaît pas la falaise de Barberine, c’est l’occasion de découvrir. Sur place, je retrouve assez facilement les falaises de départ (je suis content, car je n’étais pas sûr de mon coup). Nous grimpons deux longueurs de dalle (en 5c coriace) pour rejoindre le câble métallique de la vire. Puis nous nous mettons en quête de notre voie. Sans topo général, difficile de se repérer. On tourne en rond pour trouver le départ : impossible de trouver les fameux spits dorés indiqués sur le topo c2c. Avant que notre sortie ne tourne au fiasco, nous décidons de nous lancer dans une voie qui semble être « Méduse », un itinéraire plus soutenu que notre plan B initial. Xavier commence par un court 6b (petit mur suivi d’une dalle). Puis j’enchaîne dans une magnifique et grande longueur en dalle en 6b (mais avec pas mal de stress, car à ce moment je ne suis pas encore certain d’être dans la bonne voie). Xavier poursuit sur une autre longueur en dalle en 6b tout aussi belle que la précédente. Nous arrivons à une courte longueur de transition qui mène clairement au mur en 6c indiqué sur le topo. Il y a un maillon rapide sur la troisième dégaine. Visiblement le pas au-dessus est sévère. En bon gentleman, je laisse la politesse à Xavier. Il y fait une magnifique démonstration de résistance : recherche du mouvement tout en tenant sur de sales prises de main. Il passe a vu ! Moi, je me contente de ramasser le maillon rapide sans enchaîner les mouvements. La suite est un 5c, c’est pour moi ! Puis une grande longueur en 6b+. Je me lance (surtout qu’avec mon maillon rapide j’ai un joker en poche). Le début est facile. Puis je bute sur un passage en 7a que j’évite par la gauche. Mais au-dessus, j’ai de la peine à me forcer à dégainer proprement. Il n’y a pas de position « sereine » pour clipper... Je suis même obligé de tirer au clou sur le pas dur. J’aurais dû prendre mon courage avec moi… Ce qui me rassure, c’est que Xavier doit aussi s’employer en second pour passer. Il poursuit vers la dernière longueur en 7a/6c+. Après un grand dièdre, il vient buter sur un pas dur sous un bombé qui pour le coup est mal protégé (contrairement à tout le reste de la voie). Il bifurque sur la droite dans une traversée en 6c+. Moi, je ne me force pas trop sur cette longueur. Les traversées en 6c+ en second, je n’aime pas ça. Alors, je triche un peu…  Au sommet, Xavier veut refaire le passage en 7a en second. Je le mouline et il repart. Aucune difficulté pour lui en second ! Encore quelques semaines de grimpe et je serai définitivement hors-jeu pour grimper avec lui. Voilà notre plan C s’avère finalement une belle escalade variée : dalles, murs raides, et un joli dièdre. Merci Xavier.  

Petite annecdote: Un casque, ça sert même en grande voie sportive. Lors des rappels, j'ai pris un caillou sur la tête. Sans le casque, j'aurai eu un peu mal...

20170624_121127

         

 

Posté par fchapi à 17:50 - Escalade - Commentaires [1]
Tags : ,

22 juin 2017

Y a du mieux...

20170622_072210

 

20170622_072225

20170622_072233

Encore un Reculet...

Pour être honnête, même si j’avais proposé à Youri quelques jours avant de faire une montée au Reculet ce matin, je n’étais vraiment pas motivé la veille. Au risque d’écrire des banalités, il fait tellement chaud ces derniers jours que j’ai de la peine à dormir. Mais quand Youri envoie le SMS de rappel le mercredi soir, je me dis tant pis, quitte à être réveillé à 5h00 autant aller courir. Je comme donc la montée avec un rythme plus modéré que la semaine dernière, car je n’ai pas grand espoir d’améliorer mon temps. Je dis même à Youri de ne pas m'attendre. Mais progressivement, en voyant que je ne me sens pas si mal, je me reprends au jeu de la compétition. Étonnamment, Youri ne me distance pas, je suis même devant! Alors, j’essaie de maintenir le rythme, et au sommet, belle surprise, j’arrive 1’30’’ plus tôt (50’48’’). Je suis bien content, cela fait une moyenne de 1004mD+/h. Comme quoi, il faut toujours sortir comme dirait Farouk !

Posté par fchapi à 09:26 - Trail - Commentaires [3]
Tags : ,

19 juin 2017

Beau granit

20170619_113246

Pointes Lachenal: Harold et Maud, TD/6a+/250m

Réalisé avec Xavier le 19 juin 2017

PHOTOS

Xavier a besoin de reprendre la grimpe et faire un peu de globules en vue de la session de formation de l’ENSA en septembre. Comme d’habitude nous évoquons plusieurs options. La voie Harold et Maud au Pointes Lachenal est retenue. L’escalade est modérée (6a+ max sur coinceurs) et c’est l’occasion de découvrir la face Sud des pointes Lachenal, que nous ne connaissons pas. Le jour J, nous arrivons à prendre la deuxième benne (7h30), puis traçons à pas cadencés vers la face. Ne connaissant pas le secteur, nous avons préféré arriver par le bas plutôt que de se perdre en cherchant les rappels depuis le haut des pointes Lachenal. Sur place, il y a déjà deux cordées qui commencent à grimper dans la contamine (la grande classique du secteur). Xavier commence par le premier 5c (rien à signaler). Je poursuis dans le 5a où je manque de me planter d’itinéraire (je n’ai pas lu le topo). Xavier me remet sur le bon chemin… Il poursuit dans une jolie fissure en 5c. Puis j’enchaine sur L4 une splendide fissure en 5c où la grimpe est vraiment agréable (quottée 6a sur le topo de Thivierge). Le hasard des rotations fait que Xavier se retrouve à faire la longueur en 6a+. Encore une fois, c’est une magnifique fissure raide et un peu physique surtout à 3600m (quottée 6b sur le topo de Thivierge). Pendant qu’il grimpe, je fais quelques photos de la cordée d’italiens dans la contamine. Ils en font de même. Après, j’enchaine L6 et L7, 60 mètres en 5a/5b et rejoins la voie Contamine où se trouve la cordée italienne. Xavier fait la dernière longueur « difficile », un surplomb en 5b et je poursuis jusqu’au sommet pour repérer l’accès par le haut pour une prochaine fois. Nous perdons un peu de temps dans les rappels, car à cause d’un petit coincement de corde, nous n’arrivons pas à prendre la ligne « officielle » chainée. Pour le retour à l’aiguille, Xavier mène notre cordée et bien qu’il ne soit pas acclimaté arrive à me faire tirer la langue (alors que j’ai déjà fait deux Mont-Blanc cette saison). Voilà, nous sommes de retour à 16h40 dans les couloirs de l’aiguille. C’était une belle journée de grimpe sur un magnifique granit et très agréable de retrouver Xavier encore une fois. Bon courage à lui pour les stages ASPI. 

 

Posté par fchapi à 19:54 - Alpinisme - Commentaires [1]
Tags : ,

15 juin 2017

Une pointe d’amertume

20170615_072728

Le Reculet

Après les deux Mont-Blanc de ces dernières semaines et mon nouveau record personnel à la montée du Veyrier, c’est avec un ego surgonflé que je propose à Youri une petite montée au Reculet avant le boulot. Nous partons donc à 6h40 depuis le parking du Tiocan. Pas d’échauffement, on part à fond. Je surveille de temps en temps la montre pour contrôler notre moyenne de montée. Ça monte vite, malgré le chemin qui est plein de pierres instables, ravinées par les pluies torrentielles de la veille. A l’arrivée sur le plateau, j’ai l’impression d’avoir atteint le maximum, car la montre indique 1000mD+/h et ne veut plus bouger. Mais un petit coup de motivation en plus, et on arrive à passer ce cap psychologique. Je me sens bien et pour une fois j’arrive à accrocher Youri. Bon, sur les derniers mètres, il met une petite accélération que je n’arrive pas à encaisser et il finit 30 secondes devant moi (me suis fait enfumer encore une fois !). Malgré l’effort, c’est la déception. J’ai fait 52’26’’. J’espérais titiller les 50’, mais c’est raté. Tout comme Youri, je suis loin de mon record personnel sur cette montée qui est de 49’. Je n’ai même pas réussi à tenir la moyenne de 1000mD+/h, le résultat consolidé affiche : 981mD+/h. Flûte et flûte ! Mon ego devait être trop lourd au départ, j’aurais dû le laisser dans la voiture. Bon, restons positifs, nous avons croisé les chamois et encore une fois nous avons eu droit à une jolie vue au sommet. 

20170615_072732

20170615_072741

Posté par fchapi à 10:14 - Trail - Commentaires [0]
Tags : ,

12 juin 2017

4800m et 4800c

20170610_062118

Mont-Blanc par la voie normale.

Réalisé le 10 juin 2017 avec Steph

PHOTOs

Pour notre sortie annuelle, après l’étude de nombreuses options différentes, je propose à Steph de faire la voie normale du Mont-Blanc. J'avais toujours évité cet itinéraire dont la réputation accidentogène me rebutait. Mais la traversée depuis les cosmiques n’est pas en conditions, et en plus, j’ai l’occasion de voir Sergio qui monte aussi au refuge de tête Rousse avec des clients pour faire également un Mont-Blanc. Steph accepte avec enthousiasme, car pour lui c’est sa première tentative sur ce sommet très convoité.

Après avoir récupéré Steph à l’aéroport de Genève, nous partons pour Bionnassay et montons en 4x4 jusqu’au téléphérique des Houches-Bellevue (le tramway du Mont-Blanc est encore fermé). Pendant que nous préparons nos affaires, un autre 4x4 vient de garer à coté de nous. Deux types descendent ; un de leurs pneus est crevé. C’est notre première animation de la journée. Je les aide un peu tout en engloutissant mon sandwich.

Nous commençons à marcher à midi en suivant le tracé du tramway. Ce n’est pas le sentier le plus agréable mais c’est de loin le plus direct pour rejoindre le Nid d’Aigle. Nous croissons de nombreux alpinistes qui visiblement redescendent du Mont-Blanc (à en juger par leur démarche laborieuse). Au-dessus du terminus du tramway, les bouquetins nous accueillent, peu impressionnées de croiser encore deux hurluberlus avec des sacs sur le dos. A 15h, nous sommes au refuge. Nous avons bien avancé sans trop souffrir de la chaleur grâce aux quelques nuages qui masquaient le soleil. Après l’enregistrement, nous allons faire une petite sieste pour récupérer un peu avant le lever prévu pour 1h30.

De retour dans le réfectoire, je retrouve Sergio qui est en train de faire l’animation dans la cuisine du refuge. Il est visiblement chez lui ici. Je suis content de le retrouver. Depuis notre expédition au Yosemite, nous n’avions pas eu l’occasion de nous revoir. Nous discutons un bon moment pour échanger des nouvelles. Sergio part à 4h avec ses clients, il dormira au refuge du Goûter après le sommet pour couper la pénible redescente jusqu’en vallée.  C’est un concept intéressant pour monter des clients peu affutés : trois jours pour un Mont-Blanc ! Mis Dommage pour moi, je n’aurai pas l’occasion de partager un bout de chemin avec lui.

20170610_042655

2h30, nous sommes prêts à partir. Le petit-dej a été assez basique. De toute façon, c’est toujours un peu difficile de déjeuner en plein milieu de la nuit. Nous sommes trois cordées à partir en même temps. Je me presse de prendre la tête, car je préfère être devant lors de l’ascension de l’éperon rocheux sous le refuge du Goûter (ça évite de recevoir des pierres sur la tête). Nous avons la chance d’avoir une splendide pleine lune. Nous pourrions presque nous passer de nos frontales. Rapidement nous arrivons à la traversée du grand couloir, dont la réputation est l’une des pires du massif. Après un bref rappel des consignes de sécurité en cas de chute de pierre, j’engage la traversée à pas cadencés pour réduire le temps d’exposition aux aléas alpinistiques. Nous nous retrouvons sur l’éperon, toujours en tête. 600 mètres plus haut, le refuge du Goûter est déjà éclairé. Les alpinistes qui ont réussi à avoir une place dans ce refuge, constamment plein, partent déjà à grimper le Mont-Blanc.

20170610_054338

A 4h30, nous avons atteignons l’ancien refuge du Goûter, et profitons d’une petite pause pour boire du thé et manger quelques barres de céréales. Steph va bien. Nous avons bien avancé dans cette première partie un peu technique. Il reste maintenant une longue marche sur neige jusqu’au sommet.

Nous repartons. Je me mets en mode « petits pas pour l’altitude ». Nous avons tout notre temps pour atteindre le sommet. Il faut juste avancer sans s’arrêter. Steph suit. La trace de montée est immanquable. Vers 6h20, nous atteignons le Dôme du Goûter à 4300 mètres, juste après l’aube. Masqués par la pointe Bayeux, nous n’avons pas pu profiter du lever du soleil sur les Grandes Jorasses et l’aiguille verte. Dommage, car c’est toujours un moment magique. Nous faisons une nouvelle petite pause tout en contemplant l’arête des bosses qui mène au sommet. Quelques cordées sont déjà engagées (celles qui sont partis du refuge du Goûter). Elles avancent bien lentement. C’est ce qui nous attend aussi.

20170610_090111

Nous reprenons notre progression. C’est seulement à l’approche du refuge Vallot que nous retrouvons d’autres alpinistes. Cela peut paraitre étonnant, mais jusqu’ici, nous avons avancé seuls, profitant « égoïstement » de ce magnifique Mont-Blanc. Une des cordées parties avec nous depuis le refuge de tête Rousse, nous rattrape. Je les laisse passer. Il n’y a plus de risques de recevoir quelque chose sur la tête à cause d’une maladresse.

La trace sur l’arête des bosses est un boulevard. Steph avance comme s’il était acclimaté à l’altitude depuis des jours. Il s’est clairement mieux préparé que l’année dernière où il avait souffert lors de la traversée de Pollux, un modeste sommet de 4092m. Comme d’habitude, les pentes terminales du Mont-Blanc n’en finissent pas. On a toujours l’impression d’être arrivé, mais non…

9h00, nous croissons la cordée qui nous a doublée juste avant d’atteindre le sommet. On se félicite au passage en secouant nos piolets en l’air (oui, c’est un peu stupide, mais c’est la coutume…). Pour la première fois, je suis au sommet du Mont-Blanc seul avec mon camarade du jour. Quand je pense qu’il y a parfois jusqu’à 100 personnes au sommet au même moment, je me dis que nous avons vraiment beaucoup de chance. Le ciel est dégagé, nous sommes en pleine forme, que demander de plus ? Bon, il y a tout de même beaucoup de vent, ce qui explique pourquoi les alpinistes ne s’attardent pas au sommet.

A notre tour, nous commençons à redescendre pour laisser la place libre à une autre cordée qui approche. 100 mètres plus bas, nous profitons d’être protégés du vent pour faire une petite pause pour boire et manger. Plus bas, le gros des cordées du jour commencent à déboucher du Dôme du Goûter. Quelle chance d’avoir profité seul de cette ascension !

Nous croissons Sergio juste sous le refuge Vallot. Nous échangeons quelques mots amicaux. Pas le temps de papoter, il doit monter ses clients au sommet. Le retour vers le refuge du Goûter nous donne l’occasion de croiser tout un tas de prétendants au sommet tous aussi surprenants les uns que les autres : des solitaires qui joue avec le feu (la trace est bonne, mais y a des crevasses !), des cordées qui avancent comme si elles étaient 8000 mètres (y sont pas rendus…), et des guides avec leurs clients qui savent déjà surement que le sommet ne sera pas atteint aujourd’hui pour eux…

20170610_112931

Pour la descente de l’éperon sous le refuge du Goûter, je propose d’enlever les crampons pour aller plus vite. Nous utilisons au maximum les câbles en place pour nous assurer, peu comme une via-ferrata. Steph se débrouille comme un chef. Je le laisse trouver le chemin de descente en lui donnant quelques conseils de progression de temps en temps. Je le vois bien concentré et actif. Ça fait plaisir. Nous mettons près de deux heures pour rejoindre le refuge de tête Rousse (presqu’autant qu’à la montée !).

A tête Rousse, nous nous refaisons une santé avec un coca frais, du saucisson et du fromage. Au moment de repartir, nous croissons une fille en larmes dans le local matériel. Sans lunettes adaptées, elle s’est brulée la cornée et ne voit presque plus. Chacun y va de ses petits conseils pour la rassurer « Bois de l’eau et va te reposer, ce n’est pas grave… » dit une femme. Quoi ??? Qu’est-ce que c’est que ces âneries ? Pour moi, il n’y aurait pas d’hésitations. Il y a des gars qui appellent les secours pour moins que ça ! Je suggère à son compagnon d’appeler l’hélico puis je sors rejoindre Steph qui est prêt à partir.   

La descente est comme d’habitude après une longue course : fatigante… Nous sommes heureux de retrouver la voiture. A 17h30, j’appelle Lorraine pour la prévenir que deux morts de faim vont arriver. Elle a déjà tout préparé : vins, bières, plateau de fromage, olives, charcuterie et gâteaux de la pâtisserie Rigolo (MOF de France) !

Le lendemain, pour être sûr de bien compenser toutes l’énergie perdue à 4800 mètres, nous allons bruncher en famille à l’Impérial Palace d’Annecy pour engloutir 4800 calories. C’est vraiment, le week-end typique avec Steph: montagne, grosse bouffe et bonne rigolade !

20170611_135716

Posté par fchapi à 10:54 - Alpinisme - Commentaires [1]
Tags : ,

04 juin 2017

Des hauts et des bas.

C’est toujours la même chose quand je pars courir avec Philippe au Mont Veyrier, en quelques secondes je me prends 100 mètres dans la vue, bien que je sois à fond. Puis il m’attend gentiment et repart à tout berzingue. Lors d'un dépassement, il me lance même "Ma sœur pose des pacemakers si tu veux!". Je réponds par ma phrase fétiche avec Philippe "Sale jeune!". Mais malgré ces petites déconvenues, cette fois je m’accroche plus que d’habitude, et au final, je finis une minute avant mon meilleur temps à mon point de référence (50 minutes), soit 1012 mD+/h. Je suis super content. 

Posté par fchapi à 19:26 - Trail - Commentaires [1]
Tags : ,

03 juin 2017

Anniversaire

Le 3 juin 2016, Fab et moi partions au Yosemite pour grimper El Capitan par la voie John Muir : sept jours d’ascension dans une paroi de mille mètres pour une cordée magique. Nous y avons pris un plaisir au moins aussi grand que cet immense mur mythique dont la première ascension en 1958 avait marqué les esprits de la communauté des alpinistes. A l’occasion de cet anniversaire personnel, je partage cette vidéo retraçant notre aventure, et si vous voulez plus de détails, allez relire les comptes-rendus journaliers sur le blog dédié à cet occasion: http://objectifmuirwall.canalblog.com/.    

Ascension de Muir Wall, El Capitan, Yosemite

 

 

Posté par fchapi à 07:00 - Artif - Commentaires [0]
Tags : ,

28 mai 2017

Fantastique!

IMG_2544

Mont-Blanc: 3 monts et face nord (D/S4/4.2/E2 1600mD+ 2800mD-) 

Réalisé avec Youri, Philippe, Claudine et Marc le 28 mai 2017

PHOTOs

L’année dernière lors d’une nième mesure du Mont-Blanc, Farouk avait descendu la face nord du Mont-Blanc et était revenu enchanté par une superbe descente toute en poudreuse. Alors quand Philippe me dit qu’il va au Mont-Blanc à ski le WE suivant avec des alpinistes « débutant ++ », je me dis que c’est l’occasion de se faire cette descente si bien vendue par Farouk et en plus à un rythme normal (pas celui de Philippe !). Youri profite aussi de l’occasion pour se joindre au groupe. Nous sommes donc 5 avec Claudine, Marc, Philippe, Youri et moi.

Nous partons du refuge des Cosmiques à 2h00. Le refuge est presque plein. Les cordées sont soit à ski comme nous soit à pied. Je fais cordée avec Youri. Nous grimpons le Tacul par une belle trace de ski jusqu’à la première rimaye, où c’est la cohue. Les types passent cul à cul sans corde, en particulier un groupe de britanniques qui visiblement ont oublié leur légendaire discipline pour faire la queue. Puis, nous poursuivons à pied jusqu’à la rimaye suivante avec les skis sur le dos. Les britanniques, nous font encore une belle démonstration de stupidité pour passer la difficulté. Si le pont de neige cède, je me dis que nous aurons droit à un joli carton plein… Nous remettons skis. Philippe, avec son groupe, préfère poursuivre à pied. Malgré la manip, nous avons fait le bon choix, car nous pouvons doucement glisser jusqu’aux pentes du mont Maudit après le passage de l’épaule du Tacul. Je découvre avec plaisir que la pente du mont Maudit est tracée à ski. Pendant que nous grimpons, le soleil se lève et nous offre un magnifique panorama de couleurs chaudes. La dernière section pour passer l’épaule du Maudit est tracée avec des grosses marches. Nous sortons sans difficulté et le Mont-Blanc apparait sous nos yeux dans les lueurs de l’aube. Magnifique !

20170528_060232

Nous poursuivons à pied jusqu’au col de la Brenva où nous prenons une bonne pause pour boire, grignoter et nous tartiner de crème solaire (ça va chauffer!). Claudine nous rejoint. Je lui propose de s’associer à notre cordée. Marc commence à souffrir de l’altitude et va déjà moins vite. Nous poursuivons encordés à trois jusqu’au pied des dernières douces et interminables pentes du sommet, où nous remettons les skis pour avancer en autonomie.

A 8h45, j’arrive au sommet, plutôt en bonne forme, suivi de près par Claudine. Youri arrive une dizaine de minutes après. La vue du Mont-Blanc est splendide. Tout est dégagé. Il n’y qu’une trentaine de personnes au sommet, alors on peut profiter tranquillement de notre moment. Nous admirons la vue tout en grignotant un peu en attendant Philipe et Marc. Mais à force d’attendre, nous nous demandons si finalement, ils n’ont pas renoncé. Nous chaussons nos skis pour redescendre (en plus il commence à faire froid). Rapidement, nous croissons Philippe et Marc qui avancent doucement mais surement. Nous proposons de les attendre plus bas au soleil. Youri commence à être brassé par l’altitude.

Une bonne demi-heure plus tard, nous sommes tous prêts à descendre la face nord. Marc est fatigué mais je l’invite à se préparer à enchaîner une bonne partie de la descente pour réduire le temps d’exposition sous les séracs. Une nuée de skieurs descend la face nord par tous les itinéraires possibles. Perso, je suis la trace classique pour cette première descente. Il y a déjà assez de risques à gérer avec le groupe. Nous passons rapidement la zone exposée par la rive droite des séracs, puis prenons une nouvelle pause sur le grand plateau. Il nous reste encore 1800m de dénivelé à skier. Incroyable !

20170528_110222

La neige est loin d’être poudreuse mais c’est skiable. Nous évitons quelques belles crevasses à l’approche du refuge des grands mulets. Puis nous nous retrouvons à faire la queue pour passer une zone très crevassée à la « Jonction ». Bon an, mal an, nous arrivons à rejoindre le téléphérique du plan vers 15h00 sans trop marcher. Chapeau bas pour Claudine et particulièrement Marc qui ont encaissé cette très longue et éprouvante course dans la bonne humeur. 

Enfin, Youri, le penseur de Rodin des neiges, vient de faire une des courses qu’il s’était fixé de faire dans sa carrière d’alpiniste, et je suis bien content de l’avoir accompagné. Nous pourrons partager ce souvenir lors de nos vieux jours.

Posté par fchapi à 09:20 - Ski de randonnée - Commentaires [2]
Tags : , , , ,

25 mai 2017

La guerre psychologique

20170525_133100

Le Sapey: Le bûcheron et le bâtisseur de cairns, TD+/6b+/230m

Réalisé avec Philippe le 25 mai 2017

PHOTOs

Philippe voulait faire du volume, je voulais faire un peu de grimpe en longueurs dures, alors après de nombreux échanges, nous tombons d’accord sur toute nouvelle falaise de la région très originale : le Sapey ! Pour espérer pouvoir sortir deux voies dans la journée, nous partons tôt. Sur place, je propose de commencer par une voie un peu plus soutenue et de nous laisser la plus facile en second. Nous optons pour « Le bûcheron et le bâtisseur de cairns » car les commentaires sur l’équipement sont très positifs (mais bon on est au Sapey, alors je prends tout de même trois friends avec moi au cas où). J’attaque la première longueur, 6b+, sensée être la plus difficile de la voie. Rapidement, je me fais malmener dans ce mur vertical. 6b+ à froid, c’est un peu raide dans la tête… Je me bas. Heureusement, c’est très bien protégé, et avec le temps (et un pied sur un spit), je passe le pas dur. Philippe me rejoint. Lui aussi trouve la longueur un peu raide pour un départ. Mais il s’en tire assez bien. C’est sa première grande voie de l’année. Je lui propose de poursuivre. Il refuse, et se lance dans la deuxième longueur, une fissure évasée en 6b. Il se bat lui aussi. Au-dessus du deuxième spit en train de chercher les bons placements, il peste « mais pourquoi je suis parti là-dedans! ». Je reste confiant, car ce passage est typique de la grimpe chamoniarde et Philippe sait grimper ce genre de truc. Il passe, enchaîne la longueur (45m) et prend même le temps de retravailler le pas final dont il n’était pas satisfait (un pas en adhérence au bord d’un pilier). En second, je me fais vraiment plaisir : pas de stress, et la grimpe est pile dans mon niveau. Après une courte transition, je reprends la tête pour une longueur en 6b avec un pas morpho. Bon, le début n’a rien de spécial, je pose juste un petit friend au cas où. Pour le pas morpho, honnêtement, je ne cherche pas, je tire au clou. Puis, je découvre une splendide fissure d’une largeur de 2 à 3 doigts rayant une dalle. C’est le top à grimper (moyennant un bon petit friend pour rassurer le mental ;-). Philippe enchaîne cette longueur avec autant de plaisir que moi. Il prend la suite ; une autre longueur en 6b avec un pas de 6c. Après un premier pas compliqué, il vient buter sous un pas technique au troisième spit. Il fait plusieurs tentatives, mais pas de bol, il lui manque 10 cm pour clipper l’autre point. Le moral vacille. Finalement, il met une courte pédale sur le dernier point et avec un équilibre précaire réussi à clipper à bout de bras le point suivant. Ouf ! Mais ce n’est pas fini. La suite est un joli dièdre où il se bat à nouveau pour clipper des spits qui sont de plus en plus distants. En second, je me fais plaisir. Je passe le pas difficile du premier coup (sans stress, c’est plus facile ;-) et je déroule dans le dièdre (j’adore ce type de grimpe !). Je reprends la suite dans une nouvelle magnifique fissure à main, que je n’enchaîne pas par manque de courage et viens butter devant une dalle très raide. Je suis obligé de stopper pour réfléchir (c’est peut-être là mon erreur !). J’observe la dalle, mais je ne vois rien. En plus, le prochain point est à 5 bons mètres. Il faut vraiment que je grimpe, impossible de tirer au clou. Le stress monte. Je fais plusieurs tentativounettes infructueuses. Les minutes passent, le moral tombe, je commence à me dire que l’on a devoir faire demi-tour. Je ne serais pas le premier, il y a déjà un maillon rapide en place… Puis, je finis par accepter l’éventualité de tomber. Je me lance dans la dalle, je pose les pieds sur des prises improbables, ça tient... Je poursuis s’en m’arrêter jusqu’à attraper enfin une grosse prise. Ouf ! Un petit coinceur dans un trou et je poursuis jusqu’au spit suivant. J’arrive à peine à croire que je suis passé. Philippe est aussi étonné que moi. Le pas suivant est un peu moins dur, mais regonflé par mon exploit précédent, il ne me faut pas trop de temps pour me lancer, et à nouveau ça passe. Quand Philippe grimpe en second, il ne lui faut qu’un essai pour passer. Je suis super content. Comme quoi, on lutte plus contre nous-mêmes que contre les difficultés techniques… La dernière longueur est un 6a, que Philippe grimpe en tête tout en bavardant. Voilà, nous avons bouclé la voie en 5 heures (pour 6 longueurs). On en a bavé. Après la descente en rappel, nous faisons une longueur dans Extasy, mais on est cuit, et nous décidons (sous mon impulsion) de redescendre. Mais quelle belle journée !   

 

Posté par fchapi à 12:58 - Escalade - Commentaires [1]
Tags : ,

22 avril 2017

Attention aux pieds!

20170422_105511

Roc des Boeufs : Grattons Laveurs, TD/6c/230m

Réalisé avec Gaël le 22 avril 2017

PHOTOS

Cela faisait un moment que j’avais repéré cette voie. D’une part parce qu’elle est sur le Roc des Bœufs d’où la vue sur le lac d’Annecy est toujours aussi splendide et d’autre part parce qu’elle est en dalle, donc plutôt technique que physique. C’est Gaël qui m’accompagne pour sa deuxième grande voie sur cette jolie face. Après quelques doutes sur la marche d’approche, nous trouvons tant bien que mal, le départ. La première longueur n’a que peu d’intérêt, mais les suivantes sont soutenues sur les pieds et les spits parfois un peu loin, juste ce qu’il faut pour maintenir la concentration. Au final, c’est une très belle sortie, malgré le fait que nous ayons un peu explosé l’horaire prévu.    

Posté par fchapi à 18:24 - Escalade - Commentaires [0]
Tags : ,

17 avril 2017

Cuit de cuit

20170417_130859

Grandes Suites: Harmonie, TD-/6a+/180m

Réalisé avec Niels le 17 avril 2017

PHOTOS

Récit à suivre.

 

Posté par fchapi à 11:51 - Escalade - Commentaires [1]
Tags : ,

16 avril 2017

Ambiance très alpine pour petite course

20170416_065110

Barre et Dôme des Ecrins: PD/3b/150m

Réalisé avec Niels le 16 avril 2017

PHOTOS.

J'avais déjà fait le Dôme des Ecrins avec Steph, Nico et Bertille, mais pas la barre. Donc il fallait y revenir, et la météo capricieuse du WE nous a poussée à descendre vers le sud. Cela tombait bien car Niels n'avait pas fait la barre des écrins et même si c'est une course facile, c'est un beau sommet. En plus, à cette période de la saison, nous pouvons encore faire une grande partie de la course à ski, ce qui n'est pas négligeable quand on connait le temps de montée/descente pour le refuge des Ecrins. Initialement, nous souhaitions faire la petite traversée, mais le gardien nous a dissuadés de nous lancer dans cette entreprise en nous montrant quelques photos. Je suis surpris de voir que le refuge est complètement plein, et je me dis que nous avons eu de la chance d'avoir de la place à la dernière minute. Le coucher de soleil sur la barre à créer pas mal d'excitation dans le refuge. Tout le monde s'est mis à prendre des photos en ouvrant les fenêtres, ce qui a mis en pétard le gardien (normal). Le lendemain, la course est agrémentée de quelques évènement: une chute de sérac à l'attaque de la pente (ça remue le sang en pleine nuit) et un gars qui perd son sac à dos que nous voyons dévalé la pente. A la montée, je ramasse son piolet en me disant qu'il sera content (car cet idiot n'est même pas redescendu chercher son sac!). Avant la traversée finale, j'arrive à le rattraper. Je lui propose son piolet, il n'en veut pas, et sans couteaux, marche seul dans la neige en s'appuyant sur ses skis... Encore un candidat au suicide... Après le passage de la rimaye, Niels me laisse faire le pas en mixte pour rejoindre l'arête. Le passage n'est pas si évident... Puis, nous effectuons la traversée jusqu'au sommet de la barre sous des rafales de vent très soutenues qui pimentent un peu ce parcours d'arête où il ne faut pas tomber... Ce jour nous sommes les seuls au sommet. Nous retournons vers la brèche Lorry et poursuivons jusqu'au Dôme: plus deux 4000 pour Niels. La descente à ski est un régal. Seul le passage sec entre le bas de l'ancien refuge Tuckett et le pré de Madame Carle est un peu fatigant avec les gros sacs (mais rien à voir avec l'été). Une belle petite course qui permet de stimuler les globules.

 

 

Posté par fchapi à 11:47 - Alpinisme - Commentaires [0]
Tags : ,

14 avril 2017

Retrouvailles avec Niels

20170414_153956

Lanfonnet: la porte des alpes, TD/6c/200m

Réalisé le 14 avril 2017 avec Niels

PHOTOS.

Quelques petites notes sur cette sortie avec Niels. Tout d'abord, j'étais content de retrouver Niels et sa constante bonne humeur. Il voulait grimper, alors connaissant son niveau, je lui ai proposé cette voie au Lanfonnet avec une longueur en 6c. J'ai trouvé la voie bizarrement protégée. Il y a beaucoup de spits mais parfois ils ne sont pas à l'endroit où on voudrait les trouver. Notamment, le pas en traversée et la fin de la fissure de la longueur en 6c; et certains passages dans les traversées en 6a/6a+ sur la fin. Sinon, le rocher est sympa et la vue est belle. Petite anecdote, après 20 minutes de marche à l'aller, j'ai un flash. Je demande à Niels "As-tu pris tes chaussons dans le coffre de la voiture ?". Bah non, il les avait oubliés ! Du coup, il est reparti en courant et j'ai monté son sac jusqu'au col où j'ai fait une petite sieste pour l'attendre...        

Posté par fchapi à 11:42 - Escalade - Commentaires [0]
Tags : ,

09 avril 2017

Toucher un rève du doigt.

20170409_064702

Grand Capucin: voie des suisses, ED-/6b/A0/300m

Réalisé avec Fab le 9 avril 2017

PHOTOS

Enfin j'ai le plaisir de mettre le pied sur ce magnifique sommet, le grand capucin, qui m'a fait envie pendant de très nombreuses années. Depuis quelques temps, je savais que j’étais prêt pour une tentative, mais je ne voulais pas me lancer dans cette ascension avec désinvolture (comme un petit jeune que je connais bien et qui l’a fait avant moi ! ;-). J'ai trop de respect envers cette majestueuse paroi qui a marqué un tournant dans l'alpinisme moderne grâce au génial Bonatti. En plus, il faut avoir la bonne météo, le bon partenaire et le temps. Aussi quand fab m'appelle le mercredi pour improviser quelque chose pour le week-end, la discussion glisse rapidement vers une tentative par la voie des Suisses.

Nous choisissons d’aller dormir au refuge des cosmiques pour pouvoir attaquer assez tôt la voie le lendemain matin et stimuler un peu le corps à l’altitude. Le ciel est totalement dégagé, ce qui nous permet de prendre quelques belles photos de coucher de soleil sur la terrasse du refuge. Nous dinons avec un guide que fab connais et son groupe de clients. Nous terminons la soirée par une petite partie de tarot. Bref une soirée bien agréable.

Le lendemain au réveil (5h), je ne suis pas en grande forme. Je me sens barbouillé et avec un léger mal de crane depuis la veille. Il y a longtemps que je n’avais pas subit les effets de l’altitude. Nous prenons notre temps pour nous préparer afin d’arriver au lever de jour sur la paroi.

6h, nous sommes sur les skis en direction du grand cap. Le jour se lève doucement. Nous devinons au loin plein par la lueur de leur frontale des groupes d’alpinistes qui se dispersent dans le massif. La météo est tellement favorable que tout le monde sort. Nous arrivons au pied de la paroi vers 7h, nous laissons les skis, puis remontons le couloir de neige qui borde le côté gauche du grand cap. Il y a déjà une bonne trace et la rimaye passe sans aucune difficulté. Le couloir passe si bien que nous zappons la première longueur de la voie (une longueur en 3 dans du mauvais rocher), puis nous passons en mode grimpe au niveau d’un des relais de O Solemio. Je prends la tête. Je traverse pour rejoindre le deuxième relai de la voie de Suisse. Au-dessus, la première fissure en 5. Il y a un moment que je n’ai pas sorti les friends. Je m’applique mais je ne suis pas tranquille. Heureusement, les fissures sont franches et j’avance sereinement. Puis vient la première difficulté ; une fissure en 6a dans une dalle. Mais la surprise est quelle a été largement dépitonnée et nous n’avons pas pris les cablés. Je grimpe comme je peux. A mi-parcours, je suis obligé de lâcher. Mes friends prennent la place de prise de mains, c’est agaçant. La fin de la fissure est pire. Après plusieurs tentatives, je suis obligé de passer en artif, mais avec la trouille ; j’ai encore du mal à refaire confiance en mes pose de friends « Tu as fait 1000 mètres de grimpe sur des friends au Yosemite, allez, avance ! » me dit Fab qui gèle au relai. Je suis bien content que je trouve le relai.

20170409_093531

Fab aussi trouve que ce n’est pas facile. Il faut dire que c’est sa première sortie de l’année et qu’il a mal à l’épaule droite… Je poursuis dans une longueur en Dulfer qui vide mes batteries. Quand fab me rejoint, je lui propose de prendre la tête, dans les sections plus faciles, afin de reprendre de l’énergie pour la suite. C’est du 4, il avance rapidement. Motivé, il continue et enchaine en une fois deux longueurs : une en 4, l’autre en 5 en économisant terriblement les points. Ça me fait froid dans le dos quand je grimpe pour le rejoindre, surtout le magnifique petit dièdre/rampe en 5 où certains pas son délicats. Nous sommes alors à une longueur du passage du toit en 6b/A0. Je propose à Fab de faire cette longueur, lui il l’a déjà faite avec Max il y a quelques années. Je lui laisse donc la longueur suivante, un 5c coriace. Quand je reprends la tête pour passer le toit en 6b/A0, le moral est revenue. Je me lance tout de suite en mode artif, et cette fois il y a pas mal de pitons en place. Je complète par 3 friends histoire de tenir sur quelque chose au cas où les pitons partent. Je n’ai aucune idée du temps que j’ai mis, mais comme toujours en artif le temps passe sans que l’on s’en rende compte. Aussi, quand j’entends fab demander « Il est encore loin le relai ?», je me dis que j’ai mangé pas mal de minutes… Heureusement, encore un pas et j’y suis. Fab me rejoint, mais même en second cette section est difficile à grimper car deséquiper en traversée est pénible. Fab reprend la suite. La longueur de 6b/A0 n’est pas vraiment finie, car au-dessus de nous il y a encore 10 mètres d’un mur très raide. Fab grimpe directement en artif en suivant une fissure qui se termine sous un petit bombé. Il tente de passer en libre mais doit se résoudre à chuter. Ouf, le piton a tenu… Il pendule un peu sur la gauche pour rejoindre une autre fissure et atteint le relai.

20170409_132750

Cool. Le plus dur est fait, il reste qu’une longueur en 4 et dernière en 3. Fab me propose de continuer à grimper, ce qui sous-entend qu’il me laisse le plaisir de faire le sommet. Merci Fab ! Quand j’atteins le sommet du grand cap, je me dis que j’ai vraiment de la chance. Grimper avec Fab comme ça m’a rappelé notre aventure au Yosemite. C’est une émotion différente, mais là, j’ai à nouveau le sentiment d’avoir dépassé mes limites (surtout mentale). Fab me rejoint et je le remercie pour cette belle aventure.

Il est 14h45 quand nous engageons les relais. Le dernier train du Montenvers est à 17h. Il y a peu de chance que nous arrivions a temps. La descente se passe bien ; juste un petit semblant de corde coincée qui nous a fait peur. Nous mettons les skis, et engageons la descente de la vallée blanche. Je ne vais pas très vite, une de mes chaussures ne veut pas rester en mode ski et j’ai peur de me prendre une grosse boite à cause du gros sac. C’est d’ailleurs ce qui va se passer au-dessus de la salle à manger ; un joli salto avant après avoir planté les skis. Fab n’est pas mieux loti que moi. Ces chaussures se décomposent dans tous les sens, mais cela ne semble pas le gêner malgré ses skis super light et le gros sac. Toutefois nous arrivons à profiter d’une neige agréable à skier. La fin de la vallée blanche est presque sèche, nous arrivons tout juste à atteindre les échelles du Montenvers sans déchausser. C’est inhabituel à cette période de l’année.

Il est 18h15 quand nous atteignons la gare. Nous retrouvons trois randonneurs qui sont dépités d’avoir raté le dernier train et l’hôtel est fermé pour travaux. Moi, j’avais prévu le coup, aussi j’avais dit à Fab de prendre des baskets pour la descente sur Cham. Après une petite pause thé saucisson, nous descendons sur Cham et profitons de remettre les skis à chaque occasion; quitte à perdre du temps. On est aussi là pour skier ! A 20h45, nous sommes à Cham, bien contents de cette petite vadrouille.

 

Posté par fchapi à 15:24 - Alpinisme - Commentaires [2]
Tags : ,