Chapi Montagne

15 octobre 2017

L’opportuniste

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Aiguille de Mesure: songe d'une nuit d'hiver, TD+/6c/250m

Réalisé avec Fab et Joseph

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Un petit email, Fab a envie de grimper. Super! Je suis disponible le dimanche et en plus avec toutes les couleurs d’automne nous allons en avoir plein les yeux. Après un rapide échange, nous fixons l’objectif : l’aiguille de mesure. C’est un des sommets caractéristiques des aiguilles rouges que je n’ai pas encore gravis, et en plus j’avais repéré un itinéraire abordable dans le contrefort central. Nous nous retrouvons donc le matin à 7h15 à la sortie d’autoroute de Saint-Gervais. Fab est venu avec un jeune ami polonais, Joseph, qui envisage de présenter le probatoire de guide. Bonne idée ! Comme ça si je flanche dans la longueur dure de la voie (6c), on enverra notre Joker.

Après 1h45 de marche nous sommes accueillis par un chamois qui broute au pied de la voie. La marche d’approche a été très délicieuse. Les couleurs d’automne des arbres feuillus, le tapis de feuilles mortes, les rhododendrons encore verts, tout ceci mêlés aux sommets enneigés et un ciel totalement bleu en arrière-plan donne un paysage rempli de quiétude. Nous n’avons pas arrêté de papoter de sujets plus ou moins sérieux pendant la montée, ce qui m’a donné l’occasion de connaître un peu Joseph.   

Il est 10h quand nous commençons. Je propose à Joseph de passer devant. La première longueur est un 5c qui est largement à sa portée. Il gravit cette première partie sous l’œil de ses deux « vieux » compagnons du jour qui lui donnent quelques conseils depuis le bas (on ne peut pas s’en empêcher !). Nous le rejoignons et je prends la suite.

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La longueur suivante est un 6c, dit « facile » par les grimpeurs précédents, l’occasion pour moi de tester si j’ai progressé. C’est globalement un mur raide, mais pas trop, qui laisse une bonne part de la grimpe sur la qualité des placements de pieds. J’enchaîne tout, sauf le dernier pas où je manque de lucidité… Joseph et Fab enchaînent en second, avec une petite nuance: Joseph passe tout droit au niveau du dernier pas difficile alors que Fab bifurque sur la droite (comme moi). Eh oui, les vieux sont plus malins (ou moins courageux…).

La troisième longueur est un 6a+ en fissure que je trouve plus coriace que le 6c. Allez comprendre la cotation. La quatrième longueur est un 6b+ avec un passage surplombant où je passe avec aisance (bien content). Joseph se bat un peu dans le pas difficile, mais passe sans chuter. Fab grimpe tranquillement derrière « bah oui, je vois comment vous passez alors c’est facile pour moi ! ». Comme d’habitude, même si Fab grimpe assez rarement, il cache bien son jeu. La longueur suivante est un 6b, avec un pas fin au début, suivit d’une grande envolée dans un dièdre rayé de fissures où je m’amuse. Quand Fab me rejoint, je lui demande s’il pense que c’est vraiment un 6b. Il confirme. Bon, moi je trouvais ça plus facile. L’avant dernière longueur est un 6a+ où je cherche le cheminement à plusieurs reprises. Cette dernière section ne semble pas souvent parcourue, car le rocher est couvert de lichen.

Pour la dernière longueur, un 5c, je propose à Joseph de reprendre la tête. Comme ça, il sera le premier au sommet. En plus, cela me donne l’occasion de grimper en parallèle avec Fab et de plaisanter en même temps.  A 14h, nous sommes tous au sommet.

Après une petite heure de rappel, nous retrouvons nos sacs et profitons d’une pause pour manger un sandwich. Le soleil qui nous a accompagné pendant toute l’ascension est maintenant caché par l’aiguille de l’Encrenaz. Il fait tout de suite plus frais, mais le paysage est tellement beau que nous grignotons tranquillement.

Nous retrouvons la voiture après une heure de marche rapide et encore plein de bavardages. Fab n’a fait que deux sorties de grimpe cette saison : le grand capucin et cette voie soutenue dans le 6. Quel opportuniste ! Il ne vient que pour les grands coups.   

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01 octobre 2017

Un peu glace ?

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Il y avait un moment que je n'avais pas eu l'occasion de faire un peu glace. Alors comme je savais qu'Anthony et Eva seraient intéressés, j'ai proposé une petite escapade dominicale à la glacière du Parmelan. Malheureusement, sur place, nous découvrons que le mur le plus sympa de la grotte est effondré. Nous arrivons tout de même à nous amuser sur les autres parois.  

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30 septembre 2017

"Trop court" a dit Philippe

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Cela faisait un moment que je voulais parcourir les sentiers principaux du Trail des Glaisins qui a lieu chaque année tout près d’Annecy. Alors quand Philippe m’a répondu « c’est trop court » quand je lui ai proposé d’aller faire le Trail de Thorens-Glière ce week-end (13km 700mD+), je me suis « OK, je vais faire autre chose» et le parcours des Glaisins m’est revenu à l’esprit. Normalement, le grand Trail des Glaisins, c’est 30 km et 1600mD+, mais une bonne partie se trouve sur route. J’ai donc zappé les parties moyennement intéressantes en imaginant une boucle depuis le pont de Naves. Du coup, cette variante fait 20 km et un peu plus de 1100mD+, que j’ai parcouru en 3h45 (avec la recherche d’itinéraire pas toujours évidente). J’espère que c’est assez long pour Philippe... Autrement, mis à part le fait de découvrir de nouveaux sentiers, il n’y a rien d’extraordinaire : on est souvent dans les bois ce qui masque la vue, et la traversée à pied (deux fois) de la route départementale Annecy Thônes est très risquée (j’ai failli me faire dégommer !).Donc, c’est peut-être sympa dans le cadre de la course, mais pas trop en individuel. 

 

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28 septembre 2017

Plus je monte, plus je régresse

La séance d'escalade de la veille a bien fait chauffer les bras, alors, plutôt que risquer une blessure en faisant du bloc, je profite du beau temps pour faire une montée sous la télécabine de Crozet. Je n'ai pas beaucoup d'espoir de battre mon record (je ne suis pas en grosse forme), mais au moins je prendrai l'air et pourrai tester mes nouvelles semelles faites sur mesure le samedi précédent. Sur le parking de la télécabine, je ne suis pas seul. Un autre trailer se prépare. Vu son gabarit, je me dis qu'il va vite me gratter. Allez, je mets les écouteurs sur les oreilles et c'est parti. Rapidement, je souffre, bien qu'il fasse nettement moins chaud que lors de ma dernière montée (c'était début août). Au premier temps intermédiaire, j'ai déjà presque 15 secondes de retard sur mon meilleur chrono (14'05), mais c'est correct. Je continue de m'accrocher. Deuxième temps intermédiaire, le retard a augmenté: 30 secondes de retard (30'05)! Du coup, je m'énerve un peu et j'accélère sur la fin. A l'arrivée, je finis en 35'36", soit 1070 mD+/h de moyenne (27 secondes derrière mon meilleur chrono). Pas si mal... En plus, j'arrive nettement devant l'autre trailer qui me dit en arrivant "Bravo, bien joué". J'imagine qu'il a essayé de me doubler (j'aurais fait de même). Pour la descente, j'arrive à dépasser la moyenne de 2000 mD-/h. Il y a bien longtemps que cela ne m'était pas arrivé, en plus j'avais l'impression de descendre cool. Les nouvelles semelles ont fait leur effet. 

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24 septembre 2017

Promenade d'automne

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Mont Oreb, Into the Wild, D+/350m/6a+ 

Réalisé avec Niels, Myriam et Brent le 24 septembre 2017

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Je voulais grimper le dimanche mais je ne trouvais personne de libre, alors quand Niels m’envoie un message pour me dire que lui et Myriam sont à Chamonix et qu’ils souhaitent grimper je suis super content. En plus, cela fait un moment que je ne les ai pas vus. Seule petite contrainte de poids, Myriam est enceinte de cinq mois, nous devons nous contenter d’une voie tranquille en 6a max. Niels propose « Into the wild » au Mont Oreb. Pas de souci, j’aime bien le coin et c’est du beau rocher.

Je retrouve Niels et Myriam sur Chamonix vers 9h. Après un petit café, nous partons en direction du village du Buet où nous retrouvons Brent, un de leur ami néerlandais expatrié à Zurich. Nous commençons à remonter le vallon de Bérard vers 10h. La magie des couleurs d’automne mêlée aux sommets saupoudrés de neige donnent au vallon un paysage de carte postale. En montant, nous croissons des trailers visiblement entamés. J’en arête un pour savoir ce qu’ils font. C’est le trail des aiguilles rouges : 50 km et 4000mD+ ! Mais le gars dit qu’il est malade et qu’il redescend vers le Buet. Dans ma tête, je me dis « oui tu es malade de faire ce genre de trucs ! », même si je lancerais bien également dedans… 

Nous arrivons au pied de la voie vers 11h00. Nous avons bien marché, tout en papotant. Chapeau à Myriam qui n’a pas ralenti ; malgré son état elle coure encore 4 fois par semaine le matin avant le boulot (une autre malade !). Il y a beaucoup de monde, mais toutes les cordées visent « l’été indien » une voie juste à côté de la nôtre.

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Je fais cordée avec Niels, Myriam avec Brend. L’escalade de la voie est très tranquille. La seule longueur en 6a+ se résume par un pas en adhérence un peu plus soutenu que le reste. Sinon, c’est plutôt de la promenade sur un joli rocher. Du coup, j’ai vraiment le temps de plaisanter avec Niels aux relais et de prendre des photos pour tester mon nouvel appareil. En 2h30, nous sommes à la fin des « difficultés ». Nous décidons de zapper les deux dernières longueurs qui sont décrites comme « sans grand intérêt » dans le topo.

Sur le chemin de retour, nous croisons à nouveau les bouquetins dont un prend la pose photo sur un rocher en mode « fashion week ». Puis pour une fois, nous prenons le temps de boire un verre au chalet de la cascade de Bérard et d’aller voir la cascade. Bref, une belle petite sortie dans un beau paysage avec des amis, que demander de plus ?  

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08 septembre 2017

20ième sommet de 4000m

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Dent du Géant : Face SW par les plaques Burgener, D-/5c/150m

Réalisé le 8 septembre 2017 avec Anthony

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Il y a des sommets que vous avez sur votre liste de choses à faire qui parfois n’attirent pas les copains orientés sur la difficulté, car ces sommets sont trop faciles ou qui n’attirent pas les copains orientés sur l’esthétique des voies, car ils les ont déjà faits... La dent du Géant fait typiquement partie de cette liste. Alors quand Anthony me dit en début de saison que c’est un de ses objectifs de l’année, je range cette info dans un coin de la tête. Bien plus tard, pour le pont du Jeûne Genevois, je me retrouve à planifier une sortie avec lui. Dans un premier temps, je tente de le convaincre d’aller à l’Eiger, mais les conditions n’étant pas optimales, je me rabats sur la dent du Géant pour le plus grand plaisir d’Anthony.

Ayant dormir la veille au refuge du Torino après avoir grimpé le Roi de Siam, nous partons en direction de la dent du Géant vers 6h45. La météo est parfaite : un grand ciel bleu et un bon regel permet de marcher tranquillement sur le glacier. Une cordée est déjà devant nous. Nous la rattrapons un peu avant l’attaque du couloir en neige (déjà tout sec en cette période de l’année) après avoir enjambé d’énormes crevasses. Nous enlevons nos crampons pendant qu’une cordée avec un guide suisse redescend. Son client est mal et ils ont fait demi-tour sur les arêtes de Rocheford. J’échange aussi quelques mots avec la cordée que nous avons rattrapée, deux Anglais, dont l’un d’eux aussi guide. Ce dernier a rencontré plusieurs fois Chris Bonington, un de mes alpinistes préféré, âgé aujourd’hui de 80 ans, mais encore capable de grimper du 6 ! Nous nous remettons en route. La côte rocheuse pour atteindre le pied de la dent du Géant est truffée de cairns et de sentes, si bien que je m’égare plusieurs fois… Après 2 heures de marche, nous arrivons au départ de la voie. Plusieurs cordées sont déjà engagées dans la voie normale. A un moment nous avions envisagé de grimper la voie « Géant Branché » plus difficile que la voie normale, mais le froid et le vent nous ont dissuadés de sortir les chaussons d’escalade. Nous faisons comme tout le monde : la voie normale en chaussure de montagne ! Je commence à grimper avec l’intention de grimper en corde tendue. Mais rapidement, je me retrouve avec un gros tirage, et je suis obligé de faire monter Anthony. Je lui propose alors de passer un peu en tête. Il accepte, mais avec peu d'enthousiasme. Ce n’est pas difficile, mais l’ambiance montagne est bien présente : froid, vent, sensation de vide… il fait deux longueurs puis me relaisse passer en tête quand la paroi se redresse. Personnellement, je grimpe en tirant copieusement sur les cordes fixes installées dans la voie : je ne suis pas là pour faire un exploit de grimpe libre ! Sur la fin, nous rattrapons deux cordées guidées dont les clients semblent dépassés pas les évènements. Je double dès que l’occasion se présente… Nous atteignons le sommet à 11h00, une heure d’avance sur l’horaire prévu. La vue est magnifique, en particulier sur les grandes Jorasses. Pas de doute, la dent du Géant, même si c’est un sommet facile, reste splendide à gravir. Nous engageons les rappels à côté d’une cordée d’amateurs très internationale : un anglais, un russe, et un ukrainien. Comme quoi, même si l’alpinisme peut sembler un sport un peu individuel, cela permet tout de même de beaux mélanges.

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De retour au pied de la voie (à la salle à manger), nous profitons d’une pause pour grignoter en admirant la vue sur le Mont-Blanc. Le ciel commence à se couvrir. La perturbation annoncée pour le WE est en approche. Vers 13h00, nous entamons la descente. Nous rattrapons rapidement des cordées de guides-clients que je ne veux pas doubler, car je crains de recevoir des pierres sur la tête dans la descente de la côte rocheuse, en plus, nous sommes en avance sur notre horaire. Arrivés à la rimaye, nous remettons nos crampons, en observant un jeune guide français un peu désagréable avec son client et les autres alpinistes. Anthony est devant pour le retour sur le glacier. Il a l’air pressé, il double toutes les cordées… A l’approche du refuge, nous croisons de plus en plus de touristes en petite chaussure de ville en train de se promener sur le glacier… Quelle folie ! Je tente de dissuader plusieurs d’entre eux, certains renoncent, d’autres poursuivre leur promenade suicidaire. Nous retrouvons le refuge à 14h30. Nous aurions presque pu faire la course à la journée ! C'est mon 20ième sommet de 4000 mètres, je commence à me prendre au jeu des 82 sommets de 4000 mètres des alpes.

 

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07 septembre 2017

Une première sur coinceurs

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Roi de Siam : Lifting du roi, D+/5c/200m

Réalisé le 7 septembre 2017 avec Anthony

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Chaque année depuis 2012 lors du pont du jeûne genevois, je vais en montagne faire une jolie voie. Il fallait donc perpétuer la tradition. Anthony m’accompagne pour cette fois. Dans un premier temps, j’ai envisagé de grimper la voir Salluard à la pointe Adolphe Rey. Mais Anthony souhaite grimper en tête, et c’est sa première grande voie sur coinceurs. Alors je propose un objectif plus modeste : Le lifting du roi au Roi de Siam. C’est un itinéraire qui est sur ma liste de choses à faire depuis des années ; je l’envisageais plutôt avec Bertille.

Après avoir passé le tunnel du mont-blanc (un peu encombré par tous les Genevois qui sont en congé !), nous prenons le nouveau téléphérique de la Pointe Helbronner que je ne me lasse pas d’apprécier. Le concept de rotation de la cabine permet de profiter pleinement de la vue le massif. Arrivés, nous partons en direction du Grand Capucin. Au passage du col des flambeaux, nous arrêtons pour discuter avec un guide et un géophysicien qui sont en train de faire une image 3D du grand flambeau. Leur but est d’estimer le risque et le volume de chute de pierres. Rapidement, Anthony fait le lien avec certains de ses amis ; le monde des géophysiciens est visiblement petit.    

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Nous arrivons au pied de la voie vers 11h00. Il fait grand beau. Il y a juste une petite brise. Après quelques hésitations sur le départ, je me lance dans la première longueur qui ne présente aucune difficulté d’autant plus que les pas « compliqués » sont déjà protégés par des spits. Anthony me rejoint et prend la suite. Il avance moins vite ; normale quand on apprend à poser ses propres coinceurs : il faut trouver la bonne taille, une fois posé on teste toujours plusieurs fois avant de se lancer, et en plus au début, on a tendance à « surprotéger » (concept relatif selon chacun !). Je reprends la suite pour un passage en renfougne style chamoniard puis abouti sous des dalles. J’aperçois déjà le petit capucin du sommet, et me demande si on ne va pas liquider la voie en 2 temps 3 mouvements. Mais je me fais duper par la perspective…

Après deux longueurs tranquilles, c’est Anthony qui se retrouve à grimper en tête une magnifique fissure coincée dans un dièdre (5a). Il s’en sort très bien. Je reprends la suite pour une nouvelle escalade en renfougne puis sors sur le mauvais relais (pourtant il était écrit sur le topo d’aller plus haut !). Anthony rectifie la situation à son arrivée et je le rejoins. C’est lui qui se retrouve à grimper la longueur dure de la voie, un petit passage surplombant en 5c. Après un peu de recherche, il trouve la solution sur la droite (c’était aussi écrit sur le topo !). Au sommet nous profitons d’une belle vue sur la pointe Adolphe Rey et le Grand Capucin. Il est 15h30.

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Mis à part un petit coincement de corde dans la fissure en 5a, nous descendons les rappels en une petite heure. Il est 16h30. Vite nous nous changeons pour arriver au refuge avant la soupe. La marche sur le glacier à pas rapide ne nous empêche pas de profiter du paysage et de scruter d’un œil méfiant les habituelles grosses crevasses sous l’aiguille de Toule.  A 18h00, nous sommes au refuge. Nous profitons d’une petite bière avant le dîner. Bravo à Anthony pour sa première voie sur coinceurs!

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23 août 2017

La forme se confirme

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Après une bonne séance de grimpe la veille, je réalise mon meilleur temps de montée sous la télécabine de Crozet: 35'09". Soit 1084 mD+/h! Je n'avais jamais atteint cette moyenne de montée auparavant. Ça fait plaisir. J'aurais aimé que Youri soit là, il m'aurait fait grappiller les quelques petites secondes pour passer sous les 35'. 

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15 août 2017

Rien à regretter.

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Grandes Jorasses - Pointe Walker : Arête des Hirondelles

le 15 aout 2017 avec Farouk 

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Après notre succès au Râteau avec Youri, Farouk et moi sommes bien motivés pour tenter un truc plus difficile. Les Grandes Jorasses reviennent dans les esprits. Il semble possible de faire l’arête des hirondelles et un retour par la voie normale dans les deux jours qui viennent, mais nous avons une grosse incertitude sur les conditions du glacier. Nous décidons de tenter notre chance, car dans tous les cas, nous aurons le plaisir de voir le futuriste bivouac Gervasutti et un des rares coins du massif du Mont-Blanc que nous n’avons pas encore visité.

9h00, nous garons la voiture dans la vallée du Val Ferret. Nous pouvons déjà apercevoir depuis la vallée le bivouac Gervasutti perché sur son îlot rocheux entouré de glaciers. La vallée est très active. Beaucoup de randonneurs se promènent déjà sur la route. Notre sentier de montée semble moins utilisé. Nous partons d’un pas rapide tout en papotant, comme ça on oublie un peu le poids du sac. Le panonceau indiquant le bivouac au niveau de la passerelle qui enjambe le torrent, indique 3h30 de marche. Rapidement, Farouk aperçoit des randonneurs bien au-dessus de nous. Nous qui pensions être seul, c’est raté. Nous les rattrapons 1 heure après au niveau des cordes fixes (bleues) qui permettent de gravir tranquillement le raidillon rocheux donnant accès au vague plateau où se trouvait l’ancien refuge de Frébouze (détruit). C’est un couple qui monte juste pour visiter le bivouac Gervasutti (étonnant). Depuis le plateau, nous apercevons aussi d’autres groupes de randonneurs plus haut. Mince alors, on se croirait à Chamonix ! Je commence à me demander si nous allons avoir de la place au bivouac.

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Vers 11h30, nous arrivons sur place. Trois alpinistes lituaniens sont déjà installés. Il y a aussi trois touristes italiens en mode « Squat ». Ils ont rempli tous les placards de bouffe et semblent glandouiller toute la journée autour du bivouac. Affamés, Farouk et moi en profitons pour leur piquer un paquet de spaghettis. Il faut dire que nous avons pris le strict minimum. Puis après une petite sieste, j’engage la conversation avec l’un des Lituaniens, Petras, le seul qui parle bien anglais. Ses deux compagnons ont déjà fait la reconnaissance du glacier pour faire un dépôt de matériel au col des hirondelles. Plus ambitieux (ou plus fous) que nous, ils visent une traversée des Grandes Jorasses en trois jours avec un bivouac à la pointe Whymper. L’objectif est risqué, car une perturbation est attendue dans deux jours.  Quoi qu’il en soit, cela nous rassure de savoir que le glacier passe, malgré quelques ponts de neige délicats, dixit Petras. Nous passons donc le reste de la journée à étudier les topos de nos nouveaux amis lituaniens qui visiblement ont beaucoup mieux préparé leur affaire que nous. Le bivouac est vraiment très confortable (couchettes propres, plaque de cuisson, PC). Son design futuriste est en complet décalage avec l’environnement et je comprends tout à fait les randonneurs qui viennent juste faire une montée à la journée pour visiter de lieu insolite.  

1h30, je suis réveillé avant l’heure prévue. Je me lève pour faire chauffer de l’eau. Farouk me retrouve un peu avant 2h. Les Lituaniens sont partis à 1h, ils ont de lourds sacs à porter. Vers 2h30, nous partons en direction du col des hirondelles en espérant suivre la trace de nos prédécesseurs. Mais repérer les marques de crampons sur le glacier en pleine nuit n’est pas très facile. Nous y arrivons plus ou moins bien avec un peu de sens pratique (il faut bien éviter les crevasses !). La pente se raidit et je commence à regrette d’avoir pris un simple piolet de marche plutôt qu’un bon Quark. En plus, j’ai oublié de pendre quelques pitons pour une retraite éventuelle sur l’arête. J’ai mal préparé cette sortie. Plus nous montons, plus les crevasses se font sentir. Les Lituaniens sont passés, mais je les trouve un peu gonflés, car certains ponts de neige sont très très délicats. Le pire est de suivre une trace en passant sur un maigre pont de neige et de réaliser que nous sommes dans un cul-de-sac, entouré de crevasses abyssales et larges de plusieurs mètres. Il faut alors repasser sur le sal pont de neige... Je retrouve la bonne trace des Lituaniens, mais elle vient à nouveau franchir un pont de neige très délicat au niveau d’une énorme crevasse. Voilà 2h30 que nous errons sur ce glacier tourmenté et nous n’avons fait que la moitié de l’approche. Les alpinistes lituaniens sont au-dessus, mais pour moi c’est trop. Je préfère arrêter là la prise de risques. Farouk est déçu, il râle un peu, mais n’insiste pas. Pour moi, la montagne sera encore là l’année prochaine et il sera toujours temps de refaire cette course, mais dans de meilleures conditions.

8h00, nous sommes de retour à la voiture. Farouk me dépose à la maison vers 9h00 et fonce vers Paris. Nos épouses respectives sont bien contentes de nous voir de retour si tôt, elles qui sont toujours inquiètes de nous voir partir tous les deux. Il est vrai que Farouk et moi reculons rarement dans nos tentatives, mais la preuve est là : nous sommes capables de renoncer si c’est trop chaud.

Par la suite, j’ai eu l’occasion d’échanger par email avec Petras. Ils ont également dû renoncer. La fissure Rey, le passage difficile de la voie, était enneigée, rendant son escalade trop délicate. Ils sont donc redescendus au bivouac (arrivée à 22h00 !). Le lendemain, ils ont tenté la traversée dans l’autre sens depuis le refuge Torino, mais ont également dû s’échapper depuis le milieu de la traversée (au bivouac Canzio), car le mauvais temps arrivait sur eux. Comme quoi, nous n’avons rien à regretter.                       

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13 août 2017

La promenade

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Le Râteau, Sommet W : Pilier Candau, D+/5c/400m

Réalisé avec Farouk et Youri le 13 août 2017

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Après l’étude de moult options plus ou moins engagées ou à l’issue aléatoire, la sagesse nous conduit à aller dans les Ecrins où la météo semble plus sûre et les conditions rassurantes. Youri et Farouk proposent de finir un sommet auquel ils ont dû renoncer quelques années auparavant à cause du mauvais temps : Le râteau. Mais cette fois, nous passerons par le pilier Candau qui offre une escalade un peu plus soutenue que la voie normale.

Après un trois heures de voiture ponctué de nombreux arrêts techniques (Youri et moi avons visiblement bu trop de thé le matin), nous arrivons de la Grave vers 11h30. La Meije qui domine le petit village est toujours aussi belle et attirante, mais cette fois nous nous contentons seulement de grimper un de ses satellites. Nous montons par le vétuste téléphérique de la Grave jusqu’au glacier de la Girose. Après une petite marche sur le glacier, où nous croissons un guide visiblement très enthousiaste de tirer une cohorte de touristes accrochée à sa corde, nous franchissons le col de la Lauze pour descendre vers le refuge de la Selle. La pente de descente est étrange. C’est un mélange de boue noire avec de la neige et des cailloux. Nous faisons bien attention de ne pas tomber sur les fesses, car sinon le pantalon sera foutu.

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Au refuge, nous sommes accueillis comme dans un gîte. La gardienne nous montre chambres, les sanitaires, la douche, les points d’eau. C’est assez rare en refuge où la plupart du temps le gardien nous donne juste un nom de dortoir et nous laisse jouer à Fort Boyard pour nous orienter. Mis en bonnes conditions par cet accueil chaleureux, nous craquons pour une part de tarte aux myrtilles et un thé bio (sans doute, toute cette mise en scène était calculée pour nous inciter à consommer, quel marketing…  ;-)Pour le repas du soir, nous dînons avec une famille d’Anglais venue randonner dans la vallée. Ayant vécu quelques années dans le pays de Gex, nous réalisons que nous avons des connaissances en commun (professionnelles pour ma part). C’est aussi l’occasion d’échanger sur le Brexit et ses conséquences dramatiques pour le royaume uni et l’Europe. Au refuge, je retrouve aussi Alex Bompard, un guide que j’ai eu l’occasion de connaître au CRET. Il fait la même voie que nous avec un client. Sympa de se retrouver ici !

4h58, « Réveil ! » Annonce le gardien sur un ton militaire. Cela me rappelle quelques souvenirs… Après un petit dej « standard », nous partons un peu après le guide et son client que nous rattrapons une heure plus tard au pied de la voie. Nous avons choisi de passer par la variante de gauche, car l’attaque originale n’est plus vraiment en bonnes conditions. Par politesse, je propose à Alex de passer devant. Nous sommes trois, nous risquons d’être plus lents que lui. Mais rapidement, je vois que son client n’est pas très à l’aise. Du coup, je double à la deuxième longueur en m’excusant auprès d’Alex qui comprend très bien.

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Le rocher est bon. Nous grimpons sans stress, d’autant plus que nous sommes largement au-dessus du niveau requis. La voie parcourt le fil du pilier. La sensation de vide n’est pas très marquée. Le pilier n’est pas très raide. Nous avançons corde tendue. Seuls quelques passages sur le dernier tiers de la voie demandent un peu plus d’attention : un premier ressaut en 5 bien protégé par deux pitons, le contournement d’un surplomb par un court passage en 5c bien protégé, et une section plus verticale en 5b qui déroule bien. Bref nous arrivons au sommet du pilier avec une sensation mitigée : la voie est jolie, mais surcotée à notre avis, surtout si compare avec la voie Grépon Mer de Glace qui est également cotée D !

Après un petit rappel de 15m, nous rejoignons la voie normale du Râteau, bondée d’alpinistes amateurs. Cette une voie très classique dans la région, peu difficile et très esthétique. A 12h, nous sommes au sommet du Râteau Ouest pour la pause casse-croûte. Puis, nous entamons la descente vers le téléphérique de la Grave à pas soutenu, doublant toutes les cordées sur l’itinéraire. Nous terminons à 14h, soit une heure en avance sur l’horaire prévu. Y a du laisser-aller… S’il ne se passe rien lors de nos sorties en montagne, qu’allons-nous bien pouvoir raconter…   

 

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29 juillet 2017

C’est du 6c ou du 5c?

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Le Pouce : Voie des Dalles, TD-/5c/400m

Réalisé avec Philippe le 29 juillet 2017

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Comme la veille, je me réveille avant la sonnerie du réveil, il est 5h20. Malgré plusieurs moments d’éveil, j’ai plutôt bien dormi. Je me sors du duvet et Philippe en fait de même. Le jour se lève à peine, quand nous buvons notre thé agrémenté de quelques gâteaux.

6h10, nous commençons à marcher en direction l’aiguille de la Glière. Rapidement Philippe me distance, rien d’étonnant. En une heure, nous sommes au col et basculons versant ouest vers l’aiguille du Pouce. J’en profite pour laisse mon sac, car nous repassons au col au retour. La descente est presque totalement sèche.

En moins d’une heure trente nous sommes au pied de la face sud. Une cordée est déjà engagée dans la voie des dalles par la variante des guides. Nous, nous souhaitons passer par l’itinéraire original qui débute par une longueur en 5c. Nous tentons de deviner où est la ligne de départ. Philippe se lance dans une très vague fissure qui s’oriente vers une dalle. Au bout de 5 m, sans aucune protection, Philippe se retrouve à faire une pas de grimpe qui ressemble plus à un 6b qu’à un 5c. Je lui dis d’arrêter tout de suite. Ce n’est sûrement pas le bon endroit et la pose de protection au-dessus semble très aléatoire. Il redescend et nous cherchons de nouveau où commencer. Je ne comprends pas. Il y a 20 ans quand j’avais tenté cette voie, j’étais passé par ici sans trop de difficultés. Mais la paroi est vraiment raide et presque improtégeable. Au bout de 10 minutes, je propose de passer par la variante des guides. Je n’ai pas envie de me tuer ici (après réflexion, je pense que le névé a tellement fondu que le « vrai » départ était beaucoup plus haut, mais inatteignable).

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Nous rattrapons rapidement la cordée déjà engagée. Le leader est arrêté juste avant la traversée en 5c et semble perdu. C’est exactement l’endroit où j’avais renoncé, il y a vingt ans. Au lieu de traverser, j’étais parti dans une ligne de spits super dure droit au-dessus ce qui avait fini d’achever ma motivation après une série de galères à gérer avec les copains de l’époque. Philippe le rattrape le double et fait la traversée (un peu engagée). L’autre cordée enchaîne. J’espérais pouvoir les doubler, mais ils ne semblent pas se laisser faire.

Je reprends la tête après avoir attendu que le leader de l’autre cordée soit assez loin. Le 5c est bien coriace, je préfère les 6c du Piola moderne ! La ligne passe dans une fine fissure dans une dalle très compacte et franchit un petit surplomb. Je me concentre pour ne pas tomber… Par chance, un deuxième relais d’une voie moderne est juste à côté de celui de la voie des dalles. Je m'y installe et appelle Philippe. Mais il n’a pas pu partir avant le deuxième de l’autre cordée. On doit encore attendre…      

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Finalement, on se résout à rester derrière eux pour le moment, c’est trop compliqué de doubler sur ce terrain. Philippe enchaîne dans une autre longueur en 5c toujours aussi coriace. Même en second, je ne suis pas tranquille.

Je reprends la tête pour une longue traversée facile sur la droite, mais où la pose de protection est très aléatoire. Heureusement, un spit salvateur au bout de la fissure permet de se rassurer avant de grimper droit au-dessus. Nous sommes encore sur les talons de l’autre cordée.

Philippe poursuit par une autre traversée sur la gauche, encore facile, mais toujours compliquée à protéger puis par dans une grande dalle vers le haut. La grimpe est beaucoup plus cool. On respire et on commence à papoter tranquillement avec le second de la cordée devant nous… En bas, d’autres cordées arrivent au pied de la face.

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Je reprends la suite. Je passe un petit surplomb en posant un genou, ce qui me vaut quelques moqueries de mon compagnon de cordée (salle jeune !).  Puis j’enchaîne une deuxième longueur directement. Quand Philippe me rejoint, il met un coup de boost, passe à côté de l’itinéraire dans du terrain facile et nous enchaînons corde tendue jusqu’au sommet où nous arrivons vers midi. Nous avons largement distancé l’autre cordée qui débouche à peine au sommet quand nous avons fini de nous changer pour entamer la voie de retour. Philippe me fait remarquer au loin les énormes nuages qui déversent une douche continue sur les sommets. Il ne fait pas bon de rester traîner ici.

Décordés, nous fonçons sur l’arête Est du Pouce en direction du col de la Floria. Quelques pas de descalade demandent un peu de réflexion, mais globalement c’est facile. 1h30 plus tard nous sommes en train de plier la tente pendant que les premières gouttes de pluie font leur apparition. J’espère que les cordées dans la face sud du pouce ne sont pas sous l’orage, car sinon, c’est la grosse galère…

Voilà, une petite frustration personnelle vient d’être effacée. 20 ans après, j’ai pu finir cette magnifique voie sauvage et coriace (elle aussi dans les 100 plus belles de Rébuffat). Les anciens avaient beaucoup de courage de s’engager dans des faces aussi austères avec leur matériel de l’époque. Cette voie a été ouverte en 1967, les friends n’existaient pas à l’époque… 

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28 juillet 2017

Escalade nocturne.

20170728_064329Mont Oreb: La chasse aux trésors, ED-/6c/400m

Réalisé avec Philippe le 28 juillet 2017

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Les vacances au Québec sont terminées, et bien que le voyage fût bien agréable, je n’ai pas eu l’occasion de sortir les chaussons d’escalade qui ont traîné pendant trois semaines au fond de la valise. Alors dès le retour à Annecy, je fonce à Chamonix avec Philippe pour grimper. La météo incertaine nous fait opter pour des courses raisonnables. La première est la voie « la chasse aux trésors » au mont Oreb. C’est la dernière voie en terrain d’aventure que je n’ai pas encore faite sur ce sommet. La cotation sur le papier est soutenue : ED- avec une longueur en 6c. Mais connaissant le secteur et au vu des retours sur camptocamp, cet itinéraire semble à notre portée. Le mont Oreb n’est pas très raide, c’est une escalade principalement sur les pieds, une bonne option pour une petite reprise.

Le vendredi matin, à cause du décalage horaire, je me réveille à 4h30, bien avant l’heure prévue. Tant pis, j’appelle Philippe pour lui proposer de partir plus tôt. Cela nous donnera plus de temps pour gérer une transition pour le deuxième jour de grimpe. Il me répond OK avec la voix un peu embrouée.

Il est 6h43 quand nous commençons à remonter le vallon de Bérard. Enfin pour moi, il est 0:43 (heure de Québec!), mais je n’ai pas le temps de m’assoupir, je suis avec Philippe qui comme d’habitude marche d’un pas soutenu. Au premier pont, nous rattrapons un couple de grimpeurs italiens qui cherchent le chemin du Mont Oreb. Un coup d’œil sur la carte pour me rassurer, et je leur indique de prendre le pont suivant.

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Nous arrivons au départ de la voie en une petite heure. Philippe se prépare et part en tête. Il enchaîne deux longueurs en une (5b et 5c). Puis je pars à mon tour. Au bout de 5 mètres, je réalise que j’ai oublié le sac à dos…je redescends pendant que Philippe se moque de moi en chantant une chanson paillarde revisitée « Il est des noootres, il a oublié son sac comme les auuutres ». Philippe poursuit. Il faut dire qu’il n'a quasiment pas mis un seul coinceur sur les deux longueurs. Il a encore tout le matos sur son baudrier. C’est une petite longueur en 6a qui ne lui pose aucun souci.  

C’est maintenant à mon tour de grimper en tête, une longueur en 6b qui commence par une belle section en dalle bien protégée. Je me motive et prends le temps de faire les mouvements correctement. Puis je contourne un bombé qui se poursuit par une fissure. J’ai tout enchaîné. Je suis content, mais en même temps, je repense aux commentaires sur c2c qui indiquent que la voie est globalement surcotée. Pendant ce temps, Philippe discute avec une cordée derrière nous, dont l’un des grimpeurs n’est autre que son partenaire de l’intégrale de Peuterey. Philippe enchaîne sur la longueur suivante, un 6a+ avec un pas en dalle délicat, mais globalement assez tranquille. Encore 10m en 4 et nous sommes à la vire intermédiaire.

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Les choses compliquées commencent. La longueur suivante est le 6c de la voie. J’y vais. Le début est facile, c’est une section peu inclinée avec de nombreuses bosses, mais qui laisse peu de place pour poser des protections. Puis j’atteins un dièdre bien protégé. Je triche un peu pour m’engager dedans. J’ai peur de prendre une dérouillée un peu plus haut. J’avance, mais rien ne se passe et je finis la longueur un peu déçu… Quand Philippe grimpe à son tour je lui dis de se forcer à faire tous les mouvements, histoire de profiter un peu. Lui aussi trouve la longueur surcotée. Je n’ai mis presque aucun friend dans le 6c, alors je poursuis dans la longueur suivante, un 6b+. De nouveau, je grimpe stressé par la cotation, mais ne trouve aucune difficulté, d’autant plus que tous les pas un peu durs sont déjà super protégés... Pour moi, c’est à peine un 6a. Piola a vraiment fumé le jour où il a coté cette voie.       

 

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Mais la suite nous surprend un peu. Philippe s’engage dans un 6a+ dont le départ plus raide que les longueurs précédentes nous fait douter sur l’itinéraire. Bizarre. Puis je poursuis dans une longueur en 6b qui commence dans un dièdre, traverse une dalle et finit sur le fil d’un pilier. J’arrive à enchaîner la longueur, mais avec beaucoup de temps, les pas sont beaucoup plus soutenus et je dois vraiment réfléchir. La cordée derrière nous, nous a rattrapée. Ce qui me donne l’occasion de faire connaissance avec le pote de Philippe. Philippe poursuit dans un 6b+ et lui aussi se fait surprendre par la difficulté. C’est une raide section avec un pas très fin qui me fait transpirer même en second. Tout le monde s’accorde à dire que cette longueur est la plus soutenue de toute la voie. Heureusement, les pas durs sont encore bien protégés.  

En deux temps trois mouvements, nous sommes de retour au pied de la voie (30 minutes de rappels optimisés pour 4h30 de grimpe). Maintenant, il y a plein de grimpeurs sur les voies. Les deux Italiens croisés le matin à 7h sont dans la deuxième longueur de leur voie…

Nous sommes de retour à la voiture un peu avant 15h (où 9h du matin heure de Québec) ce qui nous laisse largement le temps de faire quelques courses avant de monter bivouaquer au sommet du télésiège de l’index pour faire la face sud du Pouce le lendemain.

Course bonus.

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Il est 16h30h, la tente est montée juste à côté de l’arrivée du télésiège. Nous avons largement le temps de faire une petite course. Philippe opte pour la traversée de l’arête sud de l’index, la voie de débutant par excellence. Il ne l’a jamais parcouru. Il faut dire que la première année où il a commencé l’alpinisme, nous étions ensemble à l’arête des grands Montets, une voie que la plupart des alpinistes convoitent pendant des années avant d’oser s’engager dedans… Il a raté toute son initiation montagne… Il faut reprendre les bases.

Allez c’est parti. Sur la vire, nous croisons les chamois. Philippe prend la tête de la course. Il grimpe en basket, moi j’ai préféré mes chaussons. On avance corde tendue. En moins d’une heure, nous sommes au sommet. Philippe apprécie l’itinéraire. Il est vrai que c’est facile, mais vraiment très esthétique. Rébuffat ne s’est pas trompé en l’incluant dans son recueil des 100 plus belles voies du massif du Mont-Blanc. Un petit rappel un peu de marche et nous retrouvons notre tente pour un apéro bière saucisson.

Voilà une bonne journée de reprise après les vacances.

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03 juillet 2017

Deux de plus

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Arête nord du Weissmies: AD+/4b/500m

Arête sud du Lagginhorn: AD-/3c/500m

Réalisé avec Philippe les 2 et 3 juillet 2017

PHOTOs Weissmies

PHOTOs Lagginhorn

Me considérant plutôt en bonne forme physique, j’avais envisagé de me lancer dans une grande course d’alpinisme, d’autant plus que Philippe était disponible en ce début juillet. Mais encore une fois, la météo est venue contrarier nos plans. Une perturbation a déposé un cumul de neige non négligeable sur les sommets et le risque d’avalanche n’est pas négligeable. Je propose donc d’aller en suisse faire des sommets de 4000 dans un niveau de difficulté raisonnable afin d’avoir assez de marge technique pour surmonter d’éventuelles difficultés imprévues. Le plan est donc simple : arête nord du Weissmies le dimanche, et arête sud du Lagginhorn pour le lundi.

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Après avoir rejoint le refuge d’Hohsaas, nous partons vers le col du Lagginhorn, 400 mètres de dénivelé au-dessus du refuge que nous atteignons en une petite heure de marche. Le massif est globalement pris dans les nuages. Nous apercevons notre objectif du jour seulement par intermittence. Philippe commence à grimper en tête en mode corde tendue, mais au bout de 20 mètres la corde va se coincer entre le rocher une stalactite de glace. Il me faut au moins 5 bonnes minutes pour la décoincer. Du coup, je suggère à Philippe de raccourcir notre encordement « on va faire de la marche en corde courte » comme disent les suisses. Philippe carbure à fond. Il pose peu de protections malgré des passages un peu tendus sur des dalles enneigées. Je me sens même obligé de lui rappeler de mettre un Friend de temps en temps. « C’est facile, mais faut pas tomber » comme dirait Fab. Je reprends la tête quand il est à court de matériel. On avance bien. J’arrive devant une première difficulté, un passage en IV qui d’ordinaire ne m’aurait posé aucun problème, mais là une dalle enneigée de 30 mètres au bord du vide, je me sens moins serein. De toute façon, on est là, il faut avancer. Au moins, il y a un pieu métallique planté dans le rocher quelques mètres au-dessus. Je me lance. Rapidement, je réalise que mes nouvelles chaussures sont un peu grandes. Le contact avec le rocher est moins bon. Au bord de la dalle, j’ai tout le loisir d’imaginer où je pourrai tomber si un pied glissait… J’essaie d’oublier cette éventualité et gratte la neige pour trouver des prises de pied. Quelques trous et bosselettes se dévoilent. Aller, faut mettre les pieds dessus… Je finis par attraper le pieu métallique. Ouf ! Une bonne sangle et le stress diminue. Le reste de la dalle est tout de suite plus cool. Je trouve deux spits et une fissure pour mettre des protections. Exposé au vent, Philippe a visiblement gelé au relai et ce n’est pas la grimpe à main nue dans la neige qui arrange ses affaires. Je lui laisse la suite. Après deux heures de grimpe, nous nous demandons bien où nous en sommes, mais avec le brouillard, il n’est pas facile de se repérer. Je sors le téléphone et avec le GPS nous sommes étonnées de voir que nous n’avons même pas fait la moitié de l’arête. Flute, pourtant nous avançons bien…

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Philippe est toujours en tête quand une nouvelle dalle humide se présente. Une fissure fend cette dalle au milieu, mais nous n’avons qu’un seul friend de la bonne taille… Il grimpe alors progressivement et ajuste la position de son unique friend dès qu’il trouve une position stable. Cela nous rappelle l’arête des Grands Montets, à un détail près : ici il n’y a pas plusieurs centaines de mètres de vide sous les pieds. Puisque Philipe est très économe en pose de protections, c’est encore lui qui est en tête pour passer la dernière difficulté : un raide ressaut d’un mètre de large qu’il faut chevaucher. Heureusement, il y trouve quelques pitons et un spit. La suite est plus tranquille, ce qui nous donne l’occasion d’accélérer. Vers 3800m, l’arête devient neigeuse. Nous remontons nos crampons et je me laisse tracter par Philippe jusqu’au sommet. A de rares instants, les nuages se dégagent et nous pouvons voir quelque chose, sinon c’est le brouillard complet. Nous avons mis 6h30 pour parcourir cette voie, au lieu de 4 à 5 heures comme mentionné sur le topo. La descente ne pose aucun problème. Il suffit de suivre « la tranchée » de la voie normale. Heureusement, car le glacier est très crevassé et exposé aux séracs. Refaire une trace dans le brouillard aurait été pénible.

Le refuge d’Hohsaas est un vrai hôtel. Dans un excès de goût de luxe, je prends une douche avant le repas. Ici pas de diner à la bonne franquette, nous sommes servi à table comme au restaurant. Il y a peu de monde, comparé à la capacité de la salle.

Nous avions prévu un réveil à 6h00, mais les quelques alpinistes qui se sont réveillés à 5h pour faire la voie normale de Weissmies font un gros raffut dans les couloirs. Nous sommes donc nous aussi réveillés… Du coup on se lève plus tôt que prévu.

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Nous partons vers 6h30 en direction du col du Lagginhorn ; le même col que la veille, mais cette fois nous partons direction sud sur l’arête. Je prends la tête pour ce début de course. Nous avançons vite. La grimpe est facile, agréable, et la recherche d’itinéraire réduite à zéro tant le rocher est marqué par les crampons des alpinistes. Philippe prend même le temps de filmer à la Gopro. La vue est magnifique sur le massif, presque pas de nuages, mais le vent a vite fait de nous refroidir quand nous passons dans l’ombre de l’arête en face Ouest. Nous essayons au maximum de grimper côté Est pour profiter du soleil et éviter les reliquats de neige de l’autre côté. Arrivé à l’antécime, je propose à Philippe de passer devant, car vu le niveau de difficulté, je ne risque pas manquer de friends (je n’en mets quasi aucun). La suite nous surprend un peu. Nous étions tous les deux en mode « tiens faudrait emmener des débutants sur cette voie », quand nous devons passer une série de petits gendarmes à escalader puis redescendre. Plusieurs petites manips de cordes s’avèrent nécessaires… Philippe carbure. L’arête est bien plus longue que nous l’avions pensé. Nous arrivons au sommet à 11h tout juste avant quatre autres cordées guidées montées par la voie normale. Nous n’avons mis que 3h30 du col au sommet, cette fois c’est bien moins que le temps annoncé sur le topo. La descente par la voie normale est vraiment très facile, nous nous désencordons pour aller plus vite. Nous rejoignons la gare intermédiaire du télécabine en 2h30. Voilà, deux sommets de 4000m en plus dans la poche. J’ouvre mon compteur. Je suis à 18 pour le moment.  

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30 juin 2017

Quand on était jeunes et beaux!

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En fouillant dans mes photos, je suis retombé sur quelques perles qui datent de vingt ans. Alors, je ne resiste pas à l'envie de les partager avec vous. Dans l'ordre, vous avez des photos à l'aiguille du pouce, au col du bonhomme, à Combloux, l'éperon des cosmiques, au Mont-blanc, au petit Charmoz, à salle de grimpe de Mégève, à la falaise de Surgy, et d'autres inconnues.  

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29 juin 2017

Merci Youri pour la motiv!

 

20170629_071354[1] Voici notre troisième reculets en mode été en trois semaines, mais à vrai dire ma motivation hier était proche de zéro. Il ne faisait pas beau et je n'avais pas très envie de courir sous la pluie. Heureusement Youri a de la motivation pour deux et arrive à me faire sortir du lit à 5h. Partant dans l'idée de monter juste pour le fun, je pars calme au début, enfin les 30 premières secondes... Ensuite, c'est la course comme d'habitude. Youri a bien la forme, et motive les troupes tout en courant. Arrivé au plateau en seulement 30 minutes, je me dis alors qu'il y a moyen d'exploser notre temps de montée. On s'accroche pour la deuxième partie. Youri finit un vigntaine de secondes devant, et moi j'arrive en 49'47'' (moyenne de 1025mD+/h), Génial!!! C'est une minute de moins que la semaine dernière. La météo plus fraiche du jour nous a sans doute aider. Mais sans Youri, j'aurai raté cette belle occasion. Autrement, nous ne trainons pas au sommet: vent, pluie, youri est gelé.    

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24 juin 2017

Plan A, Plan B, Plan C...

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Barberine: Méduse, ED-/7a>6cA0/230m 

Réalisé avec Xavier le 24 juin 2017

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Xavier, encore en phase de préparation pour sa rentrée à l’ENSA, a soif de grimpe. Malgré un planning  chargé pour le WE, j’accepte de me joindre à lui pour pouvoir grimper un peu avec lui avant qu’il ne retrouve des performances techniques hors de ma portée (même avec une deuxième vie). Nous partons pour faire la voie Contamine à l’aiguille du Midi. Mais en arrivant au sommet, nous sommes surpris de découvrir une météo bien plus rude que prévu : gros vent et brouillard, alors que nous nous étions préparés pour une grimpe au soleil. Après quelques minutes de réflexion, nous décidons de redescendre vers la falaise de Barberine où nous serons plus en mode « grimpeurs du sud ». Dans la benne de retour, deux autres aspis ont fait le même choix. Ils partent grimper l’aiguille de l’M comme plan B. Nous notre plan B est la voie « Vipère au pied ». En plus, Xavier ne connaît pas la falaise de Barberine, c’est l’occasion de découvrir. Sur place, je retrouve assez facilement les falaises de départ (je suis content, car je n’étais pas sûr de mon coup). Nous grimpons deux longueurs de dalle (en 5c coriace) pour rejoindre le câble métallique de la vire. Puis nous nous mettons en quête de notre voie. Sans topo général, difficile de se repérer. On tourne en rond pour trouver le départ : impossible de trouver les fameux spits dorés indiqués sur le topo c2c. Avant que notre sortie ne tourne au fiasco, nous décidons de nous lancer dans une voie qui semble être « Méduse », un itinéraire plus soutenu que notre plan B initial. Xavier commence par un court 6b (petit mur suivi d’une dalle). Puis j’enchaîne dans une magnifique et grande longueur en dalle en 6b (mais avec pas mal de stress, car à ce moment je ne suis pas encore certain d’être dans la bonne voie). Xavier poursuit sur une autre longueur en dalle en 6b tout aussi belle que la précédente. Nous arrivons à une courte longueur de transition qui mène clairement au mur en 6c indiqué sur le topo. Il y a un maillon rapide sur la troisième dégaine. Visiblement le pas au-dessus est sévère. En bon gentleman, je laisse la politesse à Xavier. Il y fait une magnifique démonstration de résistance : recherche du mouvement tout en tenant sur de sales prises de main. Il passe a vu ! Moi, je me contente de ramasser le maillon rapide sans enchaîner les mouvements. La suite est un 5c, c’est pour moi ! Puis une grande longueur en 6b+. Je me lance (surtout qu’avec mon maillon rapide j’ai un joker en poche). Le début est facile. Puis je bute sur un passage en 7a que j’évite par la gauche. Mais au-dessus, j’ai de la peine à me forcer à dégainer proprement. Il n’y a pas de position « sereine » pour clipper... Je suis même obligé de tirer au clou sur le pas dur. J’aurais dû prendre mon courage avec moi… Ce qui me rassure, c’est que Xavier doit aussi s’employer en second pour passer. Il poursuit vers la dernière longueur en 7a/6c+. Après un grand dièdre, il vient buter sur un pas dur sous un bombé qui pour le coup est mal protégé (contrairement à tout le reste de la voie). Il bifurque sur la droite dans une traversée en 6c+. Moi, je ne me force pas trop sur cette longueur. Les traversées en 6c+ en second, je n’aime pas ça. Alors, je triche un peu…  Au sommet, Xavier veut refaire le passage en 7a en second. Je le mouline et il repart. Aucune difficulté pour lui en second ! Encore quelques semaines de grimpe et je serai définitivement hors-jeu pour grimper avec lui. Voilà notre plan C s’avère finalement une belle escalade variée : dalles, murs raides, et un joli dièdre. Merci Xavier.  

Petite annecdote: Un casque, ça sert même en grande voie sportive. Lors des rappels, j'ai pris un caillou sur la tête. Sans le casque, j'aurai eu un peu mal...

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22 juin 2017

Y a du mieux...

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Encore un Reculet...

Pour être honnête, même si j’avais proposé à Youri quelques jours avant de faire une montée au Reculet ce matin, je n’étais vraiment pas motivé la veille. Au risque d’écrire des banalités, il fait tellement chaud ces derniers jours que j’ai de la peine à dormir. Mais quand Youri envoie le SMS de rappel le mercredi soir, je me dis tant pis, quitte à être réveillé à 5h00 autant aller courir. Je comme donc la montée avec un rythme plus modéré que la semaine dernière, car je n’ai pas grand espoir d’améliorer mon temps. Je dis même à Youri de ne pas m'attendre. Mais progressivement, en voyant que je ne me sens pas si mal, je me reprends au jeu de la compétition. Étonnamment, Youri ne me distance pas, je suis même devant! Alors, j’essaie de maintenir le rythme, et au sommet, belle surprise, j’arrive 1’30’’ plus tôt (50’48’’). Je suis bien content, cela fait une moyenne de 1004mD+/h. Comme quoi, il faut toujours sortir comme dirait Farouk !

Posté par fchapi à 09:26 - Trail - Commentaires [3]
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19 juin 2017

Beau granit

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Pointes Lachenal: Harold et Maud, TD/6a+/250m

Réalisé avec Xavier le 19 juin 2017

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Xavier a besoin de reprendre la grimpe et faire un peu de globules en vue de la session de formation de l’ENSA en septembre. Comme d’habitude nous évoquons plusieurs options. La voie Harold et Maud au Pointes Lachenal est retenue. L’escalade est modérée (6a+ max sur coinceurs) et c’est l’occasion de découvrir la face Sud des pointes Lachenal, que nous ne connaissons pas. Le jour J, nous arrivons à prendre la deuxième benne (7h30), puis traçons à pas cadencés vers la face. Ne connaissant pas le secteur, nous avons préféré arriver par le bas plutôt que de se perdre en cherchant les rappels depuis le haut des pointes Lachenal. Sur place, il y a déjà deux cordées qui commencent à grimper dans la contamine (la grande classique du secteur). Xavier commence par le premier 5c (rien à signaler). Je poursuis dans le 5a où je manque de me planter d’itinéraire (je n’ai pas lu le topo). Xavier me remet sur le bon chemin… Il poursuit dans une jolie fissure en 5c. Puis j’enchaine sur L4 une splendide fissure en 5c où la grimpe est vraiment agréable (quottée 6a sur le topo de Thivierge). Le hasard des rotations fait que Xavier se retrouve à faire la longueur en 6a+. Encore une fois, c’est une magnifique fissure raide et un peu physique surtout à 3600m (quottée 6b sur le topo de Thivierge). Pendant qu’il grimpe, je fais quelques photos de la cordée d’italiens dans la contamine. Ils en font de même. Après, j’enchaine L6 et L7, 60 mètres en 5a/5b et rejoins la voie Contamine où se trouve la cordée italienne. Xavier fait la dernière longueur « difficile », un surplomb en 5b et je poursuis jusqu’au sommet pour repérer l’accès par le haut pour une prochaine fois. Nous perdons un peu de temps dans les rappels, car à cause d’un petit coincement de corde, nous n’arrivons pas à prendre la ligne « officielle » chainée. Pour le retour à l’aiguille, Xavier mène notre cordée et bien qu’il ne soit pas acclimaté arrive à me faire tirer la langue (alors que j’ai déjà fait deux Mont-Blanc cette saison). Voilà, nous sommes de retour à 16h40 dans les couloirs de l’aiguille. C’était une belle journée de grimpe sur un magnifique granit et très agréable de retrouver Xavier encore une fois. Bon courage à lui pour les stages ASPI. 

 

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15 juin 2017

Une pointe d’amertume

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Le Reculet

Après les deux Mont-Blanc de ces dernières semaines et mon nouveau record personnel à la montée du Veyrier, c’est avec un ego surgonflé que je propose à Youri une petite montée au Reculet avant le boulot. Nous partons donc à 6h40 depuis le parking du Tiocan. Pas d’échauffement, on part à fond. Je surveille de temps en temps la montre pour contrôler notre moyenne de montée. Ça monte vite, malgré le chemin qui est plein de pierres instables, ravinées par les pluies torrentielles de la veille. A l’arrivée sur le plateau, j’ai l’impression d’avoir atteint le maximum, car la montre indique 1000mD+/h et ne veut plus bouger. Mais un petit coup de motivation en plus, et on arrive à passer ce cap psychologique. Je me sens bien et pour une fois j’arrive à accrocher Youri. Bon, sur les derniers mètres, il met une petite accélération que je n’arrive pas à encaisser et il finit 30 secondes devant moi (me suis fait enfumer encore une fois !). Malgré l’effort, c’est la déception. J’ai fait 52’26’’. J’espérais titiller les 50’, mais c’est raté. Tout comme Youri, je suis loin de mon record personnel sur cette montée qui est de 49’. Je n’ai même pas réussi à tenir la moyenne de 1000mD+/h, le résultat consolidé affiche : 981mD+/h. Flûte et flûte ! Mon ego devait être trop lourd au départ, j’aurais dû le laisser dans la voiture. Bon, restons positifs, nous avons croisé les chamois et encore une fois nous avons eu droit à une jolie vue au sommet. 

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Posté par fchapi à 10:14 - Trail - Commentaires [0]
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12 juin 2017

4800m et 4800c

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Mont-Blanc par la voie normale.

Réalisé le 10 juin 2017 avec Steph

PHOTOs

Pour notre sortie annuelle, après l’étude de nombreuses options différentes, je propose à Steph de faire la voie normale du Mont-Blanc. J'avais toujours évité cet itinéraire dont la réputation accidentogène me rebutait. Mais la traversée depuis les cosmiques n’est pas en conditions, et en plus, j’ai l’occasion de voir Sergio qui monte aussi au refuge de tête Rousse avec des clients pour faire également un Mont-Blanc. Steph accepte avec enthousiasme, car pour lui c’est sa première tentative sur ce sommet très convoité.

Après avoir récupéré Steph à l’aéroport de Genève, nous partons pour Bionnassay et montons en 4x4 jusqu’au téléphérique des Houches-Bellevue (le tramway du Mont-Blanc est encore fermé). Pendant que nous préparons nos affaires, un autre 4x4 vient de garer à coté de nous. Deux types descendent ; un de leurs pneus est crevé. C’est notre première animation de la journée. Je les aide un peu tout en engloutissant mon sandwich.

Nous commençons à marcher à midi en suivant le tracé du tramway. Ce n’est pas le sentier le plus agréable mais c’est de loin le plus direct pour rejoindre le Nid d’Aigle. Nous croissons de nombreux alpinistes qui visiblement redescendent du Mont-Blanc (à en juger par leur démarche laborieuse). Au-dessus du terminus du tramway, les bouquetins nous accueillent, peu impressionnées de croiser encore deux hurluberlus avec des sacs sur le dos. A 15h, nous sommes au refuge. Nous avons bien avancé sans trop souffrir de la chaleur grâce aux quelques nuages qui masquaient le soleil. Après l’enregistrement, nous allons faire une petite sieste pour récupérer un peu avant le lever prévu pour 1h30.

De retour dans le réfectoire, je retrouve Sergio qui est en train de faire l’animation dans la cuisine du refuge. Il est visiblement chez lui ici. Je suis content de le retrouver. Depuis notre expédition au Yosemite, nous n’avions pas eu l’occasion de nous revoir. Nous discutons un bon moment pour échanger des nouvelles. Sergio part à 4h avec ses clients, il dormira au refuge du Goûter après le sommet pour couper la pénible redescente jusqu’en vallée.  C’est un concept intéressant pour monter des clients peu affutés : trois jours pour un Mont-Blanc ! Mis Dommage pour moi, je n’aurai pas l’occasion de partager un bout de chemin avec lui.

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2h30, nous sommes prêts à partir. Le petit-dej a été assez basique. De toute façon, c’est toujours un peu difficile de déjeuner en plein milieu de la nuit. Nous sommes trois cordées à partir en même temps. Je me presse de prendre la tête, car je préfère être devant lors de l’ascension de l’éperon rocheux sous le refuge du Goûter (ça évite de recevoir des pierres sur la tête). Nous avons la chance d’avoir une splendide pleine lune. Nous pourrions presque nous passer de nos frontales. Rapidement nous arrivons à la traversée du grand couloir, dont la réputation est l’une des pires du massif. Après un bref rappel des consignes de sécurité en cas de chute de pierre, j’engage la traversée à pas cadencés pour réduire le temps d’exposition aux aléas alpinistiques. Nous nous retrouvons sur l’éperon, toujours en tête. 600 mètres plus haut, le refuge du Goûter est déjà éclairé. Les alpinistes qui ont réussi à avoir une place dans ce refuge, constamment plein, partent déjà à grimper le Mont-Blanc.

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A 4h30, nous avons atteignons l’ancien refuge du Goûter, et profitons d’une petite pause pour boire du thé et manger quelques barres de céréales. Steph va bien. Nous avons bien avancé dans cette première partie un peu technique. Il reste maintenant une longue marche sur neige jusqu’au sommet.

Nous repartons. Je me mets en mode « petits pas pour l’altitude ». Nous avons tout notre temps pour atteindre le sommet. Il faut juste avancer sans s’arrêter. Steph suit. La trace de montée est immanquable. Vers 6h20, nous atteignons le Dôme du Goûter à 4300 mètres, juste après l’aube. Masqués par la pointe Bayeux, nous n’avons pas pu profiter du lever du soleil sur les Grandes Jorasses et l’aiguille verte. Dommage, car c’est toujours un moment magique. Nous faisons une nouvelle petite pause tout en contemplant l’arête des bosses qui mène au sommet. Quelques cordées sont déjà engagées (celles qui sont partis du refuge du Goûter). Elles avancent bien lentement. C’est ce qui nous attend aussi.

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Nous reprenons notre progression. C’est seulement à l’approche du refuge Vallot que nous retrouvons d’autres alpinistes. Cela peut paraitre étonnant, mais jusqu’ici, nous avons avancé seuls, profitant « égoïstement » de ce magnifique Mont-Blanc. Une des cordées parties avec nous depuis le refuge de tête Rousse, nous rattrape. Je les laisse passer. Il n’y a plus de risques de recevoir quelque chose sur la tête à cause d’une maladresse.

La trace sur l’arête des bosses est un boulevard. Steph avance comme s’il était acclimaté à l’altitude depuis des jours. Il s’est clairement mieux préparé que l’année dernière où il avait souffert lors de la traversée de Pollux, un modeste sommet de 4092m. Comme d’habitude, les pentes terminales du Mont-Blanc n’en finissent pas. On a toujours l’impression d’être arrivé, mais non…

9h00, nous croissons la cordée qui nous a doublée juste avant d’atteindre le sommet. On se félicite au passage en secouant nos piolets en l’air (oui, c’est un peu stupide, mais c’est la coutume…). Pour la première fois, je suis au sommet du Mont-Blanc seul avec mon camarade du jour. Quand je pense qu’il y a parfois jusqu’à 100 personnes au sommet au même moment, je me dis que nous avons vraiment beaucoup de chance. Le ciel est dégagé, nous sommes en pleine forme, que demander de plus ? Bon, il y a tout de même beaucoup de vent, ce qui explique pourquoi les alpinistes ne s’attardent pas au sommet.

A notre tour, nous commençons à redescendre pour laisser la place libre à une autre cordée qui approche. 100 mètres plus bas, nous profitons d’être protégés du vent pour faire une petite pause pour boire et manger. Plus bas, le gros des cordées du jour commencent à déboucher du Dôme du Goûter. Quelle chance d’avoir profité seul de cette ascension !

Nous croissons Sergio juste sous le refuge Vallot. Nous échangeons quelques mots amicaux. Pas le temps de papoter, il doit monter ses clients au sommet. Le retour vers le refuge du Goûter nous donne l’occasion de croiser tout un tas de prétendants au sommet tous aussi surprenants les uns que les autres : des solitaires qui joue avec le feu (la trace est bonne, mais y a des crevasses !), des cordées qui avancent comme si elles étaient 8000 mètres (y sont pas rendus…), et des guides avec leurs clients qui savent déjà surement que le sommet ne sera pas atteint aujourd’hui pour eux…

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Pour la descente de l’éperon sous le refuge du Goûter, je propose d’enlever les crampons pour aller plus vite. Nous utilisons au maximum les câbles en place pour nous assurer, peu comme une via-ferrata. Steph se débrouille comme un chef. Je le laisse trouver le chemin de descente en lui donnant quelques conseils de progression de temps en temps. Je le vois bien concentré et actif. Ça fait plaisir. Nous mettons près de deux heures pour rejoindre le refuge de tête Rousse (presqu’autant qu’à la montée !).

A tête Rousse, nous nous refaisons une santé avec un coca frais, du saucisson et du fromage. Au moment de repartir, nous croissons une fille en larmes dans le local matériel. Sans lunettes adaptées, elle s’est brulée la cornée et ne voit presque plus. Chacun y va de ses petits conseils pour la rassurer « Bois de l’eau et va te reposer, ce n’est pas grave… » dit une femme. Quoi ??? Qu’est-ce que c’est que ces âneries ? Pour moi, il n’y aurait pas d’hésitations. Il y a des gars qui appellent les secours pour moins que ça ! Je suggère à son compagnon d’appeler l’hélico puis je sors rejoindre Steph qui est prêt à partir.   

La descente est comme d’habitude après une longue course : fatigante… Nous sommes heureux de retrouver la voiture. A 17h30, j’appelle Lorraine pour la prévenir que deux morts de faim vont arriver. Elle a déjà tout préparé : vins, bières, plateau de fromage, olives, charcuterie et gâteaux de la pâtisserie Rigolo (MOF de France) !

Le lendemain, pour être sûr de bien compenser toutes l’énergie perdue à 4800 mètres, nous allons bruncher en famille à l’Impérial Palace d’Annecy pour engloutir 4800 calories. C’est vraiment, le week-end typique avec Steph: montagne, grosse bouffe et bonne rigolade !

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Posté par fchapi à 10:54 - Alpinisme - Commentaires [1]
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