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Chapi Montagne
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14 mars 2020

Belle mise en jambe

Auteur de la photo: Théo BrigaudAiglun - Mont Saint Martin, Le spigolo des hussardsED 6c+>6b A1III P2+, 200m

Réalisé avec Théo le 14 mars 2020

PHOTOS

En principe, pour valider la VEPMSP, il nécessaire de réaliser une liste de voies complémentaires comprenant 3 voies terrain d’aventure d’une hauteur minimale de 200 mètres d’un niveau ED et 2 voies équipées de 300m d’un niveau ED-. L’objectif est de mettre en pratique les techniques acquises lors de la formation. Mais avec le confinement lié au covid-19, les CREPS de France ont su défendre auprès du ministère un sursis allant jusqu’à la soutenance du diplôme. Toutefois, n’aimant pas faire traîner les choses (une blessure arrive vite), dès que le feu vert nous a été donné, j’ai commencé à compléter cette liste avec mon binôme habituel : Théo.

le 14 mars 2020, notre première ascension fut la voie « le spigolo des hussards » ( ED 6c+>6b A1, III P2+ E2) au mont Saint Martin à Aiglun. Théo connaissait déjà le secteur pour avoir grimpé une classique (Saga –Dissipation). Contrairement aux camarades de promo, qui étaient également présents avec leur van (Marco, Max, Caro, Max), nous sommes allés dormir bien au chaud à l’auberge locale (il faut encore frais en cette saison dans le coin). L’approche étant assez courte, pour une fois, je ne suis pas obligé de me lever aux aurores. Tant mieux, car en mars la paroi ne voit pas le soleil avec 10h00. Dans l’organisation de la cordée, il a été décidé que je ferai la section en artif A1 (L3) et nous avons choisi de hisser un sac. Du coup, je commence la première longueur, un 5c+ peu protégeable avec un rocher un peu sale. Pendant ce temps Max et Marco s’attaquent à une voie qui flirte avec le 7c… Théo poursuit dans un joli 6a+ en dièdre, il est 11h, nous ne sommes pas très rapides, mais rien ne presse. Relais confortable sur arbre, je prends la suite pour la longueur où il y a un pas d’artif. Je commence par m’engager dans une mauvaise ligne. Réalisant mon erreur, je bifurque à gauche en contournant une arête. J’ai un peu de tirage, mais rien de dramatique. A l’approche d’un piton que je m’apprête à clipper, un pied glisse et me voilà 5 mètres plus bas avec une brûle à la main qui a frotté la corde. Ça m’énerve parce que j’étais bien. Je reprends jusqu’au passage d’artif qui se situe au niveau d’un petit surplomb finissant sur dalle ascendante à gauche. Le passage est compliqué à passer. Le premier piton que je mets est douteux (je le fais glisser en montant dessus), du coup je fais un couplage avec un friend également douteux, mais l’ensemble tient et je finis par passer. J’ai pris beaucoup de temps pour cette section.

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Théo poursuit dans L4, un 6c+ relativement bien doté en pitons puis fait relais dans une niche. Les quelques mètres au-dessus ne sont pas très engageants. Le rocher montre des traces d’éboulements récents. Heureusement, Théo a pris soin de me poser un premier point, ce qui réduit le risque de facteur 2. Je m’engage en mode artif dans L5/6c. Je suis obligé de mettre un micro friend tête en bas pour franchir un premier surplomb puis me retrouve dans une fissure. Cela à l’air plus tranquille. Je reprends en libre quand je réalise que la grosse poignée que je tiens à pleine main est en fait un bloc installe qui vacille sous mon poids. Gros coup de stress ! J’attrape n’importe quoi d’autre et tente de me calmer. La jauge de moral descend à zéro. Je me remets en mode artif pour le reste de la longueur, ce qui nous fait perdre un temps infini et m’oblige à jouer avec les friends pour avancer. Il est presque 18h30 quand j’atteins le suspendu relais (R5) sous le grand toit. Ne me demandez pas où est passé tout ce temps, j’étais dans un autre monde. Quand Théo me rejoint, il avoue être bien content d’être passé en second. J'ai également posé les protections suivantes, ce qui est rassurant pour la résistance du relais réparti sur 5 points (on a 100 mètres de vide sous les pieds). Mais il commence à se faire tard et Théo n’a pas de lampe frontale. Je lui laisse la mienne pour franchir le toit de L6/6b. Pendant qu’il grimpe, je réussis à faire des nœuds avec la corde de hissage et je démêle avec la lumière de mon téléphone.

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Quand je commence à grimper, il fait nuit noire. Pendant ce temps, tout le monde s’inquiète à l’auberge. Il faut dire que depuis la salle à manger, il y a une vue imprenable sur la paroi, et j’imagine bien que voir des petites lueurs en milieu de voie peut être inquiétant. Le propriétaire descend au parking pour s’enquérir de ce qui se passe et rencontre les camarades de promo qui leur disent « Ne vous inquiétez pas, on les connaît, ils vont s’en sortir ». Plus tard, un de nos potes passera à l’auberge et évitera de justesse une intervention du PGHM que la gardienne était en train de prévenir. Les clients de l’auberge sont tous collés à la baie vitrée pour suivre les évènements. Mais nous poursuivons. Heureusement, la suite est plus facile. Théo s’est préservé un œil de la lumière en le cachant sous son bœuf, technique militaire, me dit-il pour conserver une vision de nuit sans frontale. Je grimpe le 6a suivant, une dalle en ascendance gauche, de nuit à tâtons avec la frontale, un pas plus compliqué m’oblige à assurer. Enfin Théo me rejoint et termine la voie dans un dièdre suivi d’une rampe en ascendance gauche. Il nous faut encore trouver le chemin de retour à travers les fourrés pas simple de nuit. Nous rejoignons le parking vers 22h où nous retrouvons les copains morts de rire en train de finir de dîner. Treize heures de grimpe pour notre première voie ensemble, peut mieux faire ! Il y avait longtemps que je n’avais pas explosé un horaire comme ça.  

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