Chapi Montagne

22 novembre 2019

Première prise de contacts

Mercredi 20 novembre, 9h00, me voici enfin à cette session dites de « positionnement » pour le DE Escalade.

Je suis arrivé la veille assez tard et j'ai dormi au CREPS pour me simplifier la vie. Les logements sont basiques mais les prix imbattables. Pour la première fois, j’ai aussi transporté deux covoitureurs Blablacar afin de réduire les frais de déplacement et faire passer le temps de trajet sans trop s’ennuyer. L’expérience est concluante, je suis tombé sur deux personnes supers intéressantes et j’ai à peine perdu 15 minutes pour les récupérer et les déposer. Je suis définitivement un nouvel adepte de cette formule de covoiturage !

J’attends donc tranquillement dans le hall de l’accueil du CREPS d’Aix-en-Provence au milieu d’un groupe de grimpeurs qui vient de passer à la moulinette des TEPs. Tout le monde a réussi. Certains disent que les épreuves étaient « gentilles », mais cela n’engage qu’eux, je ne connais pas leur niveau max.

Les profs nous invitent à aller en salle de cours pour commencer cette journée. David, le responsable de la formation, nous accueille avec un discours très rassurant « Nous allons vous demander de répondre à questionnaire et rédiger un petit texte, mais je peux déjà vous dire que tout le monde est pris ! ». Cooool ! Bon, le petit détail, c’est que tout le monde ait un financement, ce qui n’est pas gagné. Mais David explique comment le CREPS gère cette question, et toute l'équipe pédagogique semble se démener pour aider les candidats à trouver des solutions. David est épaulé par Bruno (un vieux guide de montagne qui semble avoir bien baroudé) et Pierrick l’ancien président du Syndicat des professionnels de l’escalade et du canyon. Ils sont tous très avenants et détendus. C’est agréable.

Après la petite introduction de David, nous faisons un tour de table pour nous présenter. Il y a 23 personnes de profils très différents : deux thésards, une petite poignée d’ingénieurs en reconversion, d’autres qui exercent déjà avec un diplôme connexe (CQP escalade, licence STAPs, etc.), un couvreur, une infirmière, des gars sans emplois, etc. La tranche d’âges s’étend de 20 à 49 ans et même s’il y a une majorité d’hommes, il y a une petite dizaine de filles. Il y a aussi un italien et une espagnole. Notre seul point commun sur le papier est notre passion pour l’escalade mais je trouve que le groupe rassemble une belle diversité propice à des futurs échanges enrichissants.

Nous poursuivons avec le questionnaire qui a pour but essentiel d’attirer l’attention de chacun sur des aspects importants de la formation : le financement (nerf de la guerre), les frais divers (voiture, logement), les terrains de stage, les inquiétudes personnelles, la disponibilité, etc. Puis, nous sommes invités à écrire un petit texte sur la thématique de l’escalade à partir de photos. Il n’y a pas de note, mais l’objectif pour les profs est d’évaluer la capacité de rédaction des stagiaires. Nous sommes libérés vers 11h30.

Le groupe papote dehors avant d’aller déjeuner. Une des filles s’approche de moi en disant gentiment « Je suis rassuré de ne pas être le seul vieux du groupe ». Je réponds par un sourire et engage la conversation. Lors des présentations elle a dit avoir fait de la compétition, alors naïvement, je lui demande ce qu’elle a gagné. Elle me regarde quelques instants, puis dit d’une voix timide : « Tout ». Heumm, là je commence à me dire que j’ai peut-être fait une boulette. Je m’excuse en répondant que je ne suis pas beaucoup les compétitions et que je suis plus intéressé par la grimpe en extérieur (tout en me disant, tu es en train de faire une autre gaffe ! Si ça se trouve, elle passe du 9c en falaise…). Mais on continue par un échange de généralités et je permets de lui redemander son nom avant de nous quitter (pour comprendre un peu ma bourde). En fait, il s’agit de Sandrine Levet, une des athlètes françaises les plus titrées en escalade de bloc et difficulté. Ne pas la connaitre, c’est comme si un fan de foot français ne connaissait pas Kilian Mbappe. Bravo Fred, belle entrée en matière !!!

Je poursuis mon intégration dans la classe en me reprochant d’un jeune dont le visage me dit quelque chose. Après quelques minutes d’échanges, je comprends qu’il était au probatoire de guide cette année et que j’ai dû le rencontrer à cette occasion. Rapidement, je sens qu’il n’est pas très satisfait de son épreuve. A fond dans la montagne depuis des années, il m’explique qu’il a fait les stages du CRET et qu’il a eu 15 et 16 sur 20 aux tests blancs. Alors, il a été très étonné d’échouer au proba de ski. Voulant comprendre, il est allé demander ses notes aux profs juste après les résultats. Ils n’ont pas voulu lui donné et ont répondu « tu es jeune, tu reviendras ». C’est vrai qu’il n’a que 20 ans, mais je crois que l’ENSA l’a bien dégouté sur cette affaire…  

L’après-midi est consacrée à la présentation de la formation (Contenus_DEJEPS_ESC_MN) et à une grosse séance de questions réponses sur les stages, le projet, le financement, les tuteurs, les contraintes d’exercer à l’étranger, ou les différentes approches du métier. Intéressant ! Il y a quatre UCs à valider pour le diplôme :  Deux orientés matières générales, un dédié à la pratique du sport et un dernier spécifique à l’escalade. Pour la pause de l’après-midi, les profs ont organisé une rencontre avec des élèves en fin de formation. Cela me donne l’occasion d’avoir un autre retour très rassurant sur la formation :  ambiance sympa, des profs qui te soutiennent, et surtout pas de souci s’il faut tirer au clou par moment. Ouf ! J’avais peur de devoir me mettre terreur dans des 7b TA pendant les cours. Au passage, je glane une liste d’itinéraires classiques où les profs aiment bien emmener les stagiaires. Mis à part une voie, c’est surtout du 6a/b dans du gros terrain d’aventure, à priori, jouable pour moi. Nous terminons la journée avec quelques consignes pour évaluer les allègements que nous pourrions demander sur la formation. C’est cool parce que comme ça, il n’y a pas besoin de faire de la présence en cours pour des sujets que l’on maitrise. En plus, un allègement entraine une réduction du coût de la formation. C’est honnête !

Après une petite bière avec le groupe, je me sauve vers 18h00 pour retrouver Alex à la salle de bloc Climb-up d’Aix. C’est super sympa de se retrouver comme ça. Alex bosse à 15 minutes en voiture du CREPS. Du coup, on aura l’occasion de se voir plus souvent. A Climb-up, Alex est dans son fief, il me fait le tour de ses blocs préférés. Je suis épaté par son niveau de grimpe en salle qui est très nettement au-dessus de son niveau en extérieur. On grimpe deux bonnes heures, jusqu’à ce que les bras ne tiennent plus rien ; une belle session qui m’a laissé de bonnes courbatures le lendemain. Nous terminons la soirée par un petit restau sympa.

Le lendemain, je suis parmi les premiers stagiaires à passer les entretiens pour établir un plan de formation individualisé. Je suis avec David, qui rapidement, me supprime près de 170 heures de formations sur les UC 1 et 2. Il me propose trois formules : la formation complète sur 1 an, ou la formation en deux ans avec un stop au choix à la VEPMSP (~ niveau « aspirant DE ») ou VEPMSP plus les modules TA et Via ferrata. Je suis bien tenté par la dernière option mais je risque d’être court en congé. Mais pas d’urgence, j’ai jusqu’à janvier pour décider. En plus, à tout moment, je peux demander un avenant au contrat de formation pour reporter des modules. Ils sont vraiment très cool. 

A 10h00, je suis libre. Je remonte à Annecy avec un autre covoitureur blabalcar qui s’appelle Fréderik. Le hasard est étonnant, c’est un gars qui a dû stopper sa formation de guide de haute montagne à cause d’une blessure mais est devenu accompagnateur, et qui est formateur en management. Je n’ai pas vu passer les quatre heures de route tellement nous avons papoter !

Maintenant, je suis impatient de commencer. Le premier stage débute le 27 janvier (tout le planning est là: calendrier_DE_EScalade_et_MN_2020). Désolé les copains, mais cette année, il ne faudra pas trop compter sur moi pour le ski de rando et l'alpi...  

Posté par fchapi à 13:46 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires

  • levet... ? inconnu !

    super Fred, au moins grace à toi on sait qui est Sandrine levet !
    car nous les incultes de l'escalade, on a besoin d'un rattrappage très intensif !
    si tu veux mettre en application ce que tu apprends nous serons tes cobayes !
    si tu réussis avec nous, c'est que tu es gravement bon ! on est les pires stagiaires.
    bonne chance

    Posté par Farouk, 23 novembre 2019 à 15:29

Poster un commentaire