Chapi Montagne

24 février 2018

La voie du moment.

 

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Paré de Joux : Aravicimes, D+/3+/M4/500m

Réalisé avec Philippe le 24 février 2018

PHOTOs

Pas de doute, quand tu arrives tôt au parking et qu’il y a déjà dix voitures sur place, tu imagines tout de suite les bouchons dans la voie. Il faut dire que Philippe et moi avons cherché les coups. Cela fait plusieurs semaines que la voie Aravicime tourne sur les réseaux sociaux avec des commentaires dithyrambiques sur les bonnes conditions du moment. Mais bon, c’est à côté de chez nous, il fallait bien y aller.

Je récupère Philippe comme d’habitude chez lui et nous nous dirigeons vers le parking des Confins. Sur le trajet, il me raconte sa dernière formation sur les vols en parapente. Cela me donne encore une fois envie de m’y mettre, mais il faut trouver le temps. Quand nous sortons de voiture, nous saluons un couple en train de se préparer, de toute évidence pour faire une goulotte. Le gars, Mateusz, dont nous allons apprendre en marchant ensemble qu’il travaille dans la même organisation que moi, me dit avec un petit accent germanique « Vous allez faire la même voie que nous ! ». Et je lui réponds, « Mais avez-vous pris votre ticket à l’office de tourisme ? ». Après une petite hésitation, il répond oui avec un large sourire. Un peu étourdi ce matin, je mets du temps à me préparer, ce qui amuse Philippe qui attend de voir si je vais partir à ski sans mes peaux.

A 7h30, nous commençons. Matteous et son amie sont déjà devant, mais nous les rattrapons assez vite. La trace d’approche vers la combe de Paccaly est un boulevard, ce qui ne m’empêche pas de dire une ânerie sur l’itinéraire (si Philippe m’avait écouté, on aurait abouti dans la combe suivante…).

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Après 1h de montée, nous arrivons au pied de la voie. De loin je pensais qu’il n’y avait que 2 ou 3 cordées devant nous, mais en fait, plusieurs sont en attente de partir. C’est clair on ne va pas se sentir seul. Après presque 40 minutes d’attente, nous commençons à grimper. Philippe est devant. Les deux premières longueurs en neige dure ne présentent aucune difficulté. Par contre la longueur suivante étant plus raide et ça bouche au relais. Quand je rattrape Philippe, il propose tout de suite de zapper le ressaut par la droite pour doubler un peu. Pas de souci pour moi, cela a l’air en bonnes conditions.

Il commence par passer un petit mur raide où il pose une broche à moitié visée. La glace est peu fournie ici. Je m’en rends compte quand je passe à mon tour, lorsque mon piolet rebondit sur le rocher en voulant l’ancrer dans la glace. Philippe poursuit sur une pente de neige et réussit à mettre un petit Friend sur un bloc. Tant mieux, car quand je passe je vois bien que la pente de neige est également délicate dans ce coin. Puis il tire tout droit jusqu’à rejoindre R5. Maintenant, il y a déjà moins de monde. Je reprends la tête sur l’itinéraire classique. Il y a des marches en neige dure tout du long, j’avance rapidement sur deux longueurs jusqu’à rattraper d’autres cordées qui font relais. Un des gars qui avançait bien me dit « Y a un petit ressaut après ». Je regarde, ça n’a pas l’air si méchant et ça me gave de faire relais à trois cordées. Je poursuis. Après une petite section en neige, il y a passage plus raide en mixte, mais tellement bien tracé que j’avance sans me poser de questions (je pose tout de même une broche au cas où…). J’arrive au relais suivant. Il y a encore une cordée en place. C’est la longueur où il faut passer dans une grotte. Mais je vois que je peux esquiver par la droite. Aller hop, je mets une sangle sur le relais et je continue à côté. Au-dessus, la goulotte est très sympa, mais toujours aussi bien tracée. Je rattrape la première cordée du jour au relais suivant et décide de m’arrêter pour laisser à Philippe le plaisir d’ouvrir un peu. Il ne tarde pas à me rejoindre, car tout aussi impatient que moi il a pris sur lui une bonne partie de la corde et avance derrière à une trentaine de mètres. Les autres sont un peu étonnés de nous voir débouler comme ça. Philippe prend à peine de matériel au passage. En un éclair, il rattrape le premier cordé qui finit la dernière goulotte. Il discute avec lui attendant qu’il pose ses protections : 4 points là où Philippe n’en pose aucun ! Je comprends pourquoi ça bouche. Au relais suivant, Philippe double et atteint le sommet en premier. Je ne suis pas loin, je le rejoins rapidement.

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Au sommet, Philippe fait des repérages pour revenir faire une descente en parapente. Je prends des photos. La vue est magnifique. Il fait très beau et chose rare en goulotte, nous n’avons pas eu froid du tout. Nous engageons les rappels au moment où la première cordée arrive au sommet. La descente n’est pas simple avec les relais saturés de cordées. Il nous faut une petite heure pour faire les 10 rappels. On se dit que les conditions sont tellement bonnes que nous aurions pu avancer en solo tout du long. En rangeant nos affaires, nous comptons une vingtaine de paires de skis au départ. Comme dit Philippe, la goulotte était comme la fréquentation : bien remplie.

De retour à la voiture vers 14h00, je suis content, car j’ai le temps d’aller acheter un gâteau d’anniversaire pour Lorraine à déguster pour le goûter. Miam…

 

 

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Posté par fchapi à 18:11 - Alpinisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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