Chapi Montagne

14 février 2018

Rien ne sert de courir, il faut prendre la bonne trace

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Pointe de Bella Cha: Face Nord Ouest, ou triangle du Reposoir, AD+/S4/3.2/E2/1450mD+

Avec Nico le 14 févier 2018

PHOTOs

L’année dernière j’avais vu une vidéo de Pierre Tardivel descendant ce magnifique triangle du Reposoir à la pointe de Bella Cha. Etonné de voir que la cotation ski était assez modeste (3.2), je l’avais mis sur ma liste de pentes à faire. Aussi quand Nico accepte de refaire cette rando (ce sera sa toisième fois), je suis très content. Mais la fenêtre météo est courte. Une accalmie est annoncée pour la matinée du mercredi.

Je retrouve Nico de l’église du Reposoir à 9h et nous partons pour le départ de la course. Pendant que nous finissons de nous préparer sur le parking, trois autres véhicules viennent se garer à côté : deux « jeunes » d’un trentaine d’années, un homme de cinquante ans seul, et deux anciens. Nous commençons à monter avant qu’ils se mettent en route. Nico veut avancer piano, piano. Il n’a pas la grande forme et préfère gérer son effort pour atteindre le sommet. C’est la première fois que je fais une sortie rando avec Nico. Habituellement on grimpe en falaise ou en glace, et c’est de loin lui le plus fort de nous deux. Sur le chemin forestier, nous échangeons des nouvelles sur la famille et nos dernières sorties. Nico est crevé mais dernièrement il a tout de même sortit quelques belles voies (comme Aravicime) et de grosses randos. Pendant que nous papotons, les deux jeunes nous double à pleine blinde. Je me rencarde sur leur objectif. Ils vont aussi à la pointe Bella Cha. Cool ! comme ça on aura une trace toute fraiche (il a neigé pendant la nuit). 

A l’approche du chalet du sommier d'aval, les deux anciens nous doublent à grands pas et filent tout droit. Ils ont la forme ! Nous tentons traverser le ruisseau en contre-bas des chalets, mais il faut enlever les skis et la trace suivante ne nous inspirent pas. Nous décidons de passer plus haut. Pendant que je remonte la pente vers la trace au-dessus des chalets, je vois le gars seul suivre nos traces vers le ruisseau. Je siffle pour lui indiquer que cela ne passe pas bien, mais il poursuit et franchit le ruisseau. OK, libre à lui…

Après avoir contourner le ruisseau par le haut, nous remontons une rampe sur la gauche qui va vers la pointe d’Areu. Quelques minutes après, le gars seul débouche du bois et se met dans notre trace. Je dis à Nico : « Finalement, nous n’avons pas perdu beaucoup de temps en contournant par le haut ! ».

Vers 1800 mètres, nous sortons de la forêt et je vois au-dessus les deux jeunes qui traversent les pentes vers la base du triangle inférieur du Reposoir. Nous poursuivons à notre rythme à travers les arbres en suivant une vire providentielle qui donne accès aux pentes supérieures. Vers 1900m, je me retourne pour confirmer l’itinéraire avec Nico, car je sais qu’il faut bifurquer sur la droite à un moment. Un court instant, nous craignons d’avoir raté le changement de direction, mais non, nous sommes sur le bon itinéraire. D’ailleurs les deux jeunes partis à fond, on fait demi-tour et reviennent vers nous. Je poursuis en refaisant la trace effacée par le vent et la chute de neige de la nuit dernière. En quelques minutes, les deux avions nous ont rejoint. Je les encourage à passer devant (comme ça je ne fais pas trace). Il ne leur en faut pas plus, et les voici devant à tracer dans la poudre.

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Nous atteignons la bifurcation vers 2100m. Il faut contourner une paroi en longeant sa base pour rejoindre le triangle du Reposoir en son milieu. Mais la pente est raide, avec une neige soufflée et au bout de la traversée il faut franchir une petite corniche. L’un des deux jeunes fait une tentative, mais renonce assez rapidement. Du coup, je repasse en tête. La traversée n’est pas rassurante. Je ne veux pas frapper trop fort la croute supérieure car je crains de déclencher une plaque mais en même temps il faut suffisamment mordre la carre dans la neige pour garder l’équilibre. Pas question de tomber car, en dessous, la pente est raide et il y des gros rochers. J’avance en assurant bien mes pas et avec un peu d’astuce j’évite de devoir traverser la corniche pour enfin aboutir au soleil sur le triangle. Nico s’engage derrière moi. Du coup les deux jeunes nous emboutent le pas. Je poursuis devant en refaisant la trace sur cette magnifique pente. La neige est changeante parfois croutée parfois ramollie par le soleil, mais globalement la descente s’annonce bien. Il me faut encore 40 minutes pour finir les 400m dénivelé dont on ne voit pas le bout tant que l’on est sur le sommet (un peu comme au mont-blanc par les trois monts).

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Au sommet, la vue est magnifique. La météo est bien meilleure qu’annoncée : clair et sans vent. Nico qui m’a rejoint me fait le tour du propriétaire (on est dans son jardin). Il me décrit toutes les pentes et itinéraires sympa du coin. C’est une partie des Avaris que je ne connaissais pas du tout. C’est très beau et beaucoup moins fréquenté que les combes depuis le parking des Confints. Pendant ce temps les deux jeunes nous on rejoint. Nous bavardons un peu en grignotant. Le randonneur solitaire nous rejoint. Mis à part un bonjour, il n’est pas très loquace.

13h00, nous commençons la descente. Nico passe en tête et part comme une flèche. Par pure flemme, je profite de sa trace pour ne pas avoir à casser la croute de neige. Nous skions la pente au soleil, un vrai régal. Quand nous rejoignons la bifurcation de montée, un dilemme se pose. J’ai envie de poursuivre sur la deuxième partie du triangle, malgré une grosse coulée qui a emporté le milieu de la pente. Nico hésite. Pour moi, il est assez tranquille de descendre en longeant la partie droite du triangle où la pente est moins raide et sans doute déjà décaillée par le soleil. En plus, je trouve ça plus raisonnables que de refaire la traversée où en mode ski nous augmentons le risque de déclencher une avalanche. Nico valide et s’engage dans la deuxième partie du triangle. Comme je l’espérais la neige est au top. Les deux jeunes qui nous ont suivi se régalent comme nous. Arrivée à la base du triangle, nous engageons une traversée sur la gauche sous les pentes raides d’où l’avalanche est partie. C’est de la poudreuse de cinéma, un délice à skier. Enfin nous retrouvons le chemin forestier qui nous ramène au parking.    

C’était une superbe course qui a comblé toute mes attentes : neige, beauté du paysage, dans un coin tranquille avec une belle pente. En plus, Nico me confirme qu’il est rare d’avoir de telles conditions sur le triangle du Reposoir qui, exposé au vent, se trouve souvent en glace ou pauvre en neige.   

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Posté par fchapi à 09:50 - Ski de randonnée - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Jolie coup !

    eh, bravo.
    content de lire que tout s'est bien passé et que vous en avez profité.
    good !

    Posté par Farouk, 21 février 2018 à 16:33

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