Chapi Montagne

03 décembre 2017

Mal aux jambes

20171202_230935

Trail: Saintélyon

PHOTOS 

Voici la deuxième fois que je m’embarque avec Youri pour la Saintélyon, une course de nuit de 72km et environ 1950mD+. J’avais envie d’y retourner, mais les jambes n’étaient pas très motivées ; cela fait plusieurs semaines que je me sens fatigué… Au dernier moment, nous hésitions à descendre grimper dans les calanques ou courir. C’est le frère de Youri, Sylvain, qui a scellé notre choix. Quelques jours avant l’épreuve, il se décide à participer, Youri confirme alors également, et moi bêtement, je suis...

Sylvain n’a jamais fait la Saintélyon entière, mais il a parcouru toutes les sections sur des courses différentes. Son gros challenge est de finir. Youri en pleine forme est là pour le soutenir. Moi, je ne m’attends pas un faire un temps, d’autant plus que les conditions météos sont rudes cette année. Le parcours est abondamment enneigé et il fait froid. Je profite d’ailleurs du passage à la halle Garnier lors du retrait des dossards pour m’acheter un bon coupe-vent respirant (mieux que mon rudimentaire K-way).

Après une petite heure de bus, nous sommes à Saint Etienne. Sylvain vient nous récupérer et nous allons dîner chez lui. Au menu, des pâtes pour faire le plein d’énergie. Les discussions tournent essentiellement autour de la course : comment s’habiller ? Combien d’eau ? Prendre des gels ou des barres ? Quels temps estimés pour les étapes ? Pour ce qui est de l’itinéraire Youri et Sylvain sont des pros ; ils connaissent toutes les étapes par cœur. Plein de doutes, nous allons faire une sieste en prévision de la longue nuit qui nous attend. 

00h10, malgré avoir gratté la file de coureurs en sautant les barrières, nous ne partons que dans la 4ème vague, soit 40 minutes après les premiers. Nous commençons à courir plus calmement qu’en 2015. On se chauffe tranquillement. Je me bats avec ma nouvelle montre Suunto pour démarrer la trace GPS. J’aurais dû la tester avant…

2h08, nous sommes au ravitaillement de Saint-Christo-en-Jarez. Je ne pensais pas trop m’arrêter mais tout le monde semble avoir une petite faim. Alors nous engloutissons rapidement quelques morceaux de pain de mie, de banane, et autre avec un peu d’eau. C’est moins la cohue que la dernière fois. Puis nous repartons. Rapidement nous nous retrouvons les pieds dans la neige molle. C’est un peu comme courir sur le sable, il faut relancer sur chaque pas. Nous croisons le premier abandon, une demoiselle accroupie sur le bord du chemin qui pleure au téléphone. Dur dur de lâcher si tôt.  Les descentes en sous-bois sont aussi rendues plus délicates. La neige tassée par les milliers de coureurs commence à se transformer en glace. Pour éviter les chutes, les coureurs ralentissent, ce qui crée quelques bouchons.

4h11, après un joli parcours sur les chemins, sur lesquels on peut admirer le long serpent formé par les lampes frontales des coureurs, nous arrivons au ravitaillement de Sainte-Catherine. Tout comme d’autres, je me suis pris quelques belles gamelles sur cette section. J’ai même perdu un plombage que j’ai dû avalé sans y prêter attention. Est-ce pour cela que j’ai l’estomac lourd ? Sur cette étape, nous sommes dans les temps de notre objectif : 4 heures pour cette étape pour un total estimé à 12 heures. Là nous prenons une bonne pause, car le prochain ravito est seulement liquide. La neige autour des grandes tentes ayant fondue avec la chaleur dégagée par la foule, on se ravitaille les pieds dans l’eau… Sylvain profite de cette pause pour mettre un t-shirt sec. Moi, j’enfile ma nouvelle veste coupe-vent car l’étape suivante est celle qui passe le plus en altitude et le vent est de plus en plus glacial. Quand nous repartons, c’est dur, car nous nous sommes arrêtés trop longtemps et je me suis beaucoup refroidi.

6h51, nous sommes au ravitaillement de Saint-Genou/Chaussan. Cette étape a été particulière. Le passage de point culminant « Le signal » était un petit moment à part. On sait que le plus gros du dénivelé est fait. Et puis des spectateurs ou bénévoles étaient là en pleine nuit dans le froid pour nous encourager comme beaucoup d’autres tout au long de la course, ce qui fait vraiment plaisir. Lors des descentes en sous-bois sur les chemins verglacés, de nombreux coureurs ont choisi de descendre sur les fesses plutôt que de tomber. Mais grâce aux petits crampons que Youri nous a acheté à la dernière minute, nous avons pu ici doubler plusieurs dizaines de concurrents sans prendre de gamelles. Dans ma tête, Saint-Genou, c’était la grosse étape. Je sais maintenant que je finirai quoiqu’il arrive. Sylvain est encore bien en forme, c’est bon signe. Il craignait l’arrivée à cette étape, où quelques années auparavant il avait abandonné. Sur cette section, Youri et Sylvain ont été sympas. Globalement, ils m’ont attendu. Même si je leur disais de partir sans moi, je suis content d’être encore avec eux, car la course est plus agréable. Bien qu’il était annoncé qu’il n’y aurait rien à manger au ravitaillement, nous trouvons tout de même des pâtes de fruit, des gâteaux et autres victuailles que nous avalons avec plaisir.

8h32, nous arrivons au ravitaillement de Soucieu-en-Jarrest situé dans un gros gymnase. En 2015, j’avais eu terriblement froid en repartant d’ici. J’ai donc pris un t-shirt de rechange que j’enfile pendant que je mange un peu (surtout du salé : pain saucisson et chips). Je suis avec Youri qui m’a attendu alors que Sylvain, en pleine forme, s’envolait devant. Il ne reste plus que 20 km, mais ce sont les moins beaux à mon goût car une grande partie est sur route.

10h08, nous arrivons à Chaponost. J’ai pu faire l’andouille devant la webcam à l’entrée du gymnase. Lors du relai précédent nous avons rattrapé Sylvain en pleine perdition. Il n’a plus de jus. Youri s’occupe de lui pour qu’il s’alimente correctement. C’est bientôt la fin. Nous commençons à voir des coureurs dans un sale état. Je lis mes SMS, Lorraine vient de me voir sur le web. C’est amusant. Je poste quelques photos sur FaceBook comme à chaque ravitaillement.

Le dernier morceau de la course avec ces quelques côtes raides est l’épreuve de résistance. Certains avance en marchant avec leur couverture de survie sur les épaules, d’autres avance en clopinant de gauche à droite car ils ne sont plus capables marcher normalement, et pour certains c’est les crampes qui imposent des arrêts. Globalement, je vais bien. J’avance à un petit rythme mais toujours en trottinant (6 à 7 km/h). Je double dès que cela monte, mais j’ai du mal à tenir un bon rythme à la descente si bien que je me refais redoubler par les mêmes coureurs (les cuisses commencent à faire mal). Youri et Sylvain m’ont lâché. Sylvain s’est refait une petite santé au dernier ravitaillement. Je suis content pour eux car ils vont finir ensemble. Quand je passe la ligne d’arrivée à 11h58, je suis content et en bien meilleure forme que je ne l’espérais. J’ai mis 11h47m36s. Le contrat est rempli. Youri et Sylvain arrivés depuis 11 minutes me retrouvent. Bravo à tous pour cette belle course. Maintenant, le trail est fini pour la saison, en avant pour la saison de ski de rando!     

 

Posté par fchapi à 12:07 - Trail - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires

    "Je me bats avec ma nouvelle montre Suunto pour démarrer la trace GPS. J’aurais dû la tester avant…"
    "J’ai même perdu un plombage que j’ai dû avalé sans y prêter attention"
    ... C'est pour ca que j'aime tant tes comptes rendus, c'est toujours l'aventure

    Posté par Philou, 06 décembre 2017 à 18:46
  • Merci !

    Excellent ton compte rendu ! Ça retranscrit vraiment bien ce qu'on a vécu de l'intérieur ! La première fois que j'avais tenté cette course j'avais lu quelques compte rendu de course, et du coup c'est vraiment super de voir sa course sur un blog ! Super souvenir en tout cas.
    Et bravo pour le reculet 3 jours après !

    Posté par Sylvain, 07 décembre 2017 à 18:45

Poster un commentaire