Chapi Montagne

13 août 2017

La promenade

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Le Râteau, Sommet W : Pilier Candau, D+/5c/400m

Réalisé avec Farouk et Youri le 13 août 2017

PHOTOs

Après l’étude de moult options plus ou moins engagées ou à l’issue aléatoire, la sagesse nous conduit à aller dans les Ecrins où la météo semble plus sûre et les conditions rassurantes. Youri et Farouk proposent de finir un sommet auquel ils ont dû renoncer quelques années auparavant à cause du mauvais temps : Le râteau. Mais cette fois, nous passerons par le pilier Candau qui offre une escalade un peu plus soutenue que la voie normale.

Après un trois heures de voiture ponctué de nombreux arrêts techniques (Youri et moi avons visiblement bu trop de thé le matin), nous arrivons de la Grave vers 11h30. La Meije qui domine le petit village est toujours aussi belle et attirante, mais cette fois nous nous contentons seulement de grimper un de ses satellites. Nous montons par le vétuste téléphérique de la Grave jusqu’au glacier de la Girose. Après une petite marche sur le glacier, où nous croissons un guide visiblement très enthousiaste de tirer une cohorte de touristes accrochée à sa corde, nous franchissons le col de la Lauze pour descendre vers le refuge de la Selle. La pente de descente est étrange. C’est un mélange de boue noire avec de la neige et des cailloux. Nous faisons bien attention de ne pas tomber sur les fesses, car sinon le pantalon sera foutu.

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Au refuge, nous sommes accueillis comme dans un gîte. La gardienne nous montre chambres, les sanitaires, la douche, les points d’eau. C’est assez rare en refuge où la plupart du temps le gardien nous donne juste un nom de dortoir et nous laisse jouer à Fort Boyard pour nous orienter. Mis en bonnes conditions par cet accueil chaleureux, nous craquons pour une part de tarte aux myrtilles et un thé bio (sans doute, toute cette mise en scène était calculée pour nous inciter à consommer, quel marketing…  ;-)Pour le repas du soir, nous dînons avec une famille d’Anglais venue randonner dans la vallée. Ayant vécu quelques années dans le pays de Gex, nous réalisons que nous avons des connaissances en commun (professionnelles pour ma part). C’est aussi l’occasion d’échanger sur le Brexit et ses conséquences dramatiques pour le royaume uni et l’Europe. Au refuge, je retrouve aussi Alex Bompard, un guide que j’ai eu l’occasion de connaître au CRET. Il fait la même voie que nous avec un client. Sympa de se retrouver ici !

4h58, « Réveil ! » Annonce le gardien sur un ton militaire. Cela me rappelle quelques souvenirs… Après un petit dej « standard », nous partons un peu après le guide et son client que nous rattrapons une heure plus tard au pied de la voie. Nous avons choisi de passer par la variante de gauche, car l’attaque originale n’est plus vraiment en bonnes conditions. Par politesse, je propose à Alex de passer devant. Nous sommes trois, nous risquons d’être plus lents que lui. Mais rapidement, je vois que son client n’est pas très à l’aise. Du coup, je double à la deuxième longueur en m’excusant auprès d’Alex qui comprend très bien.

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Le rocher est bon. Nous grimpons sans stress, d’autant plus que nous sommes largement au-dessus du niveau requis. La voie parcourt le fil du pilier. La sensation de vide n’est pas très marquée. Le pilier n’est pas très raide. Nous avançons corde tendue. Seuls quelques passages sur le dernier tiers de la voie demandent un peu plus d’attention : un premier ressaut en 5 bien protégé par deux pitons, le contournement d’un surplomb par un court passage en 5c bien protégé, et une section plus verticale en 5b qui déroule bien. Bref nous arrivons au sommet du pilier avec une sensation mitigée : la voie est jolie, mais surcotée à notre avis, surtout si compare avec la voie Grépon Mer de Glace qui est également cotée D !

Après un petit rappel de 15m, nous rejoignons la voie normale du Râteau, bondée d’alpinistes amateurs. Cette une voie très classique dans la région, peu difficile et très esthétique. A 12h, nous sommes au sommet du Râteau Ouest pour la pause casse-croûte. Puis, nous entamons la descente vers le téléphérique de la Grave à pas soutenu, doublant toutes les cordées sur l’itinéraire. Nous terminons à 14h, soit une heure en avance sur l’horaire prévu. Y a du laisser-aller… S’il ne se passe rien lors de nos sorties en montagne, qu’allons-nous bien pouvoir raconter…   

 

Posté par fchapi à 09:17 - Alpinisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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