Chapi Montagne

28 juillet 2017

Escalade nocturne.

20170728_064329Mont Oreb: La chasse aux trésors, ED-/6c/400m

Réalisé avec Philippe le 28 juillet 2017

PHOTOs

Les vacances au Québec sont terminées, et bien que le voyage fût bien agréable, je n’ai pas eu l’occasion de sortir les chaussons d’escalade qui ont traîné pendant trois semaines au fond de la valise. Alors dès le retour à Annecy, je fonce à Chamonix avec Philippe pour grimper. La météo incertaine nous fait opter pour des courses raisonnables. La première est la voie « la chasse aux trésors » au mont Oreb. C’est la dernière voie en terrain d’aventure que je n’ai pas encore faite sur ce sommet. La cotation sur le papier est soutenue : ED- avec une longueur en 6c. Mais connaissant le secteur et au vu des retours sur camptocamp, cet itinéraire semble à notre portée. Le mont Oreb n’est pas très raide, c’est une escalade principalement sur les pieds, une bonne option pour une petite reprise.

Le vendredi matin, à cause du décalage horaire, je me réveille à 4h30, bien avant l’heure prévue. Tant pis, j’appelle Philippe pour lui proposer de partir plus tôt. Cela nous donnera plus de temps pour gérer une transition pour le deuxième jour de grimpe. Il me répond OK avec la voix un peu embrouée.

Il est 6h43 quand nous commençons à remonter le vallon de Bérard. Enfin pour moi, il est 0:43 (heure de Québec!), mais je n’ai pas le temps de m’assoupir, je suis avec Philippe qui comme d’habitude marche d’un pas soutenu. Au premier pont, nous rattrapons un couple de grimpeurs italiens qui cherchent le chemin du Mont Oreb. Un coup d’œil sur la carte pour me rassurer, et je leur indique de prendre le pont suivant.

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Nous arrivons au départ de la voie en une petite heure. Philippe se prépare et part en tête. Il enchaîne deux longueurs en une (5b et 5c). Puis je pars à mon tour. Au bout de 5 mètres, je réalise que j’ai oublié le sac à dos…je redescends pendant que Philippe se moque de moi en chantant une chanson paillarde revisitée « Il est des noootres, il a oublié son sac comme les auuutres ». Philippe poursuit. Il faut dire qu’il n'a quasiment pas mis un seul coinceur sur les deux longueurs. Il a encore tout le matos sur son baudrier. C’est une petite longueur en 6a qui ne lui pose aucun souci.  

C’est maintenant à mon tour de grimper en tête, une longueur en 6b qui commence par une belle section en dalle bien protégée. Je me motive et prends le temps de faire les mouvements correctement. Puis je contourne un bombé qui se poursuit par une fissure. J’ai tout enchaîné. Je suis content, mais en même temps, je repense aux commentaires sur c2c qui indiquent que la voie est globalement surcotée. Pendant ce temps, Philippe discute avec une cordée derrière nous, dont l’un des grimpeurs n’est autre que son partenaire de l’intégrale de Peuterey. Philippe enchaîne sur la longueur suivante, un 6a+ avec un pas en dalle délicat, mais globalement assez tranquille. Encore 10m en 4 et nous sommes à la vire intermédiaire.

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Les choses compliquées commencent. La longueur suivante est le 6c de la voie. J’y vais. Le début est facile, c’est une section peu inclinée avec de nombreuses bosses, mais qui laisse peu de place pour poser des protections. Puis j’atteins un dièdre bien protégé. Je triche un peu pour m’engager dedans. J’ai peur de prendre une dérouillée un peu plus haut. J’avance, mais rien ne se passe et je finis la longueur un peu déçu… Quand Philippe grimpe à son tour je lui dis de se forcer à faire tous les mouvements, histoire de profiter un peu. Lui aussi trouve la longueur surcotée. Je n’ai mis presque aucun friend dans le 6c, alors je poursuis dans la longueur suivante, un 6b+. De nouveau, je grimpe stressé par la cotation, mais ne trouve aucune difficulté, d’autant plus que tous les pas un peu durs sont déjà super protégés... Pour moi, c’est à peine un 6a. Piola a vraiment fumé le jour où il a coté cette voie.       

 

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Mais la suite nous surprend un peu. Philippe s’engage dans un 6a+ dont le départ plus raide que les longueurs précédentes nous fait douter sur l’itinéraire. Bizarre. Puis je poursuis dans une longueur en 6b qui commence dans un dièdre, traverse une dalle et finit sur le fil d’un pilier. J’arrive à enchaîner la longueur, mais avec beaucoup de temps, les pas sont beaucoup plus soutenus et je dois vraiment réfléchir. La cordée derrière nous, nous a rattrapée. Ce qui me donne l’occasion de faire connaissance avec le pote de Philippe. Philippe poursuit dans un 6b+ et lui aussi se fait surprendre par la difficulté. C’est une raide section avec un pas très fin qui me fait transpirer même en second. Tout le monde s’accorde à dire que cette longueur est la plus soutenue de toute la voie. Heureusement, les pas durs sont encore bien protégés.  

En deux temps trois mouvements, nous sommes de retour au pied de la voie (30 minutes de rappels optimisés pour 4h30 de grimpe). Maintenant, il y a plein de grimpeurs sur les voies. Les deux Italiens croisés le matin à 7h sont dans la deuxième longueur de leur voie…

Nous sommes de retour à la voiture un peu avant 15h (où 9h du matin heure de Québec) ce qui nous laisse largement le temps de faire quelques courses avant de monter bivouaquer au sommet du télésiège de l’index pour faire la face sud du Pouce le lendemain.

Course bonus.

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Il est 16h30h, la tente est montée juste à côté de l’arrivée du télésiège. Nous avons largement le temps de faire une petite course. Philippe opte pour la traversée de l’arête sud de l’index, la voie de débutant par excellence. Il ne l’a jamais parcouru. Il faut dire que la première année où il a commencé l’alpinisme, nous étions ensemble à l’arête des grands Montets, une voie que la plupart des alpinistes convoitent pendant des années avant d’oser s’engager dedans… Il a raté toute son initiation montagne… Il faut reprendre les bases.

Allez c’est parti. Sur la vire, nous croisons les chamois. Philippe prend la tête de la course. Il grimpe en basket, moi j’ai préféré mes chaussons. On avance corde tendue. En moins d’une heure, nous sommes au sommet. Philippe apprécie l’itinéraire. Il est vrai que c’est facile, mais vraiment très esthétique. Rébuffat ne s’est pas trompé en l’incluant dans son recueil des 100 plus belles voies du massif du Mont-Blanc. Un petit rappel un peu de marche et nous retrouvons notre tente pour un apéro bière saucisson.

Voilà une bonne journée de reprise après les vacances.

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Posté par fchapi à 17:34 - Alpinisme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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